Je dirais même plus...

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vendredi 1 avril 2011

C'est ma tournée

On ne vit qu’une fois ! Et heureusement, en ce qui me concerne, parce que sinon, je serais poursuivi par mes créanciers au gré de mes réincarnations. Disons que quand je craque, je craque. Je viens ainsi d’acheter, sur eBay, une bouteille de Petrus millésime 2000 au prix d’un (très) beau séjour aux Seychelles.
Et vous savez le pire ? Je n’ai pas l’intention de la conserver. Trop peur de me la faire voler. Donc, dès dimanche, la pauvrette sera décapitée et lampée avec un bar au beurre blanc. Qui est partant ?

dimanche 20 mars 2011

Sans les félicitations du jury...

L’autre jour, je me plaisais à imaginer ce que pourrait être l’introduction d’une thèse de sociologie dans 150 ans. Par pure frustration de ne pas avancer suffisamment sur la mienne, cela va sans dire…
Jusque vers 50 avant l’Ère Festive (soit le premier quart du XXIe siècle dans l’ancien Calendrier Réactionnaire), il était toléré de s’adonner à une forme d’esprit communément nommée « humour ». Ayant pour but de déclencher un mécanisme physiologique primaire, pour ne pas dire archaïque, le « rire », dont les Anciens semblaient apprécier la rudesse barbare, cette pratique consistait en la mise en place de stratégies rhétoriques délibérément hostiles à la Vérité : énonciation de clichés, amalgames, exagération, généralisations, « ironie », paradoxes, mauvaise foi, etc. De toutes les formes d’« humour », les « blagues », également appelées « plaisanteries » ou « histoires drôles » (sic !), étaient sans nul doute les plus stigmatisantes. C’est leur évolution puis leur éradication qui vont être étudiées ici. Le but n’est certes pas d’en cautionner l’existence passée, mais, au contraire, d’honorer un devoir de mémoire, en rendant hommage à tous les Êtres Vivants qui en ont été victimes. De mesurer, en d’autres termes, l’immense chemin parcouru depuis vers la Félicité Universelle, sans pour autant oublier que cette dernière ne tient jamais que par un fragile équilibre, sans cesse menacé.

mercredi 19 janvier 2011

Ecoutez vos arpions

Aujourd’hui, alors que je suis au volant de ma voiture, occupé à contempler un feu rouge, il se passe deux choses précisément au même instant :
Premièrement, une publicité à la radio m'encourage vivement à profiter des soldes pour "entrer en dialogue avec mes pieds" ("On veut des Kickers !" hurlent ceux de la pub d’une voix de crécelle, en guise d’illustration).
Deuxièmement, je lis sur la vitre d’une Twingo, qui s’est arrêtée à ma hauteur, sur la file de droite : "Votre prothésiste ongulaire à domicile !"
Un léger frisson me parcourt le corps. Heureusement, le feu passe au vert.

De la perfidie de certains biscuits

Hier, déjeuner (toujours fameux) chez C***. Après avoir dégusté une saucisse de Morteau et des lentilles pour lesquelles j’eusse donné au diable toutes les fantaisies de la cuisine moderne, je tombai amoureux d’une charlotte aux framboises qui m’aguichait en me montrant ses biscuits roses et charnus.
C*** me fit toutefois remarquer combien ces biscuits de Reims étaient traîtres : délicieux dans un dessert, ils ne présentaient plus aucun intérêt lorsque l’on avait l’idée saugrenue de les manger tels quels. Ils étaient même si secs et insipides, ajouta-t-elle, qu’on devait pouvoir les conserver ad vitam aeternam sans que cela eût la moindre conséquence. Et d’imaginer cette mention splendide, à inscrire au dos de chaque paquet, comme un memento mori des temps modernes :
À consommer de préférence avant de mourir / Best before you die.

jeudi 11 novembre 2010

Méfaits divers indeed

Je commence à croire que je suis une sorte de chat noir, puisque je viens d'assister, aux premières loges, à deux accidents de voiture en moins de trois heures.
La chose est d'autant plus singulière que ce midi, entre deux bouchées de Parmentier, nous parlions avec C*** du surréaliste « Ne nous fâchons pas » (à quand le smiley ?) qui trône en caractères gras sur la première page des constats. En lisant ce conseil de sage, je m’imagine toujours Ned Flanders sortant de sa voiture emboutie pour lancer un jovial « Sala-sali-salut ! » au chauffard d’en face.
Quoi qu’il en soit, j’ai profité de l’aubaine pour bien observer mes accidentés. Eh bien vous savez quoi ? Ils n’avaient pas dû lire la première page du constat…

Trois plumes au Michelin

Déjeuner chez C*** ce midi. Mémorable Parmentier de canard aux cèpes, arrosé d’un cahors qui, comme dirait mon caviste, était « sur la gourmandise ». C*** m’avait aimablement prévenu que son Parmentier serait, quant à lui, « à la Derrida » (autrement dit, « déconstruit »), ce qui m’a enchanté. Du coup, je lui ai soumis l’idée d’ouvrir une sorte de restaurant littéraire, dont la carte pourrait ressembler à ceci :
Apéritif d’accueil
Perroquet à la Julian Barnes
Entrées
Porto au melon à la Bukowski (possibilité sans melon - à régler d’avance)
ou
Rillettes « bien Grass » façon Günter
ou
Vol-au-vent à la Deforges (d’après une recette originale de Margaret Mitchell)
Plats
Steak tartare à la Stoker
ou
Pilons de Georges Poulet façon genevoise
ou
Daube aux navets du Jardin d’Alexandre (déconseillé par le patron)
Desserts
Saint-Honoré façon Balzac
ou
Pudding à la Modiano
ou
Homi Bhabha au rhum
Pour digérer
Alcools au choix (s’adresser à Guillaume)
ou
Tisane Verlaine-menthe

lundi 1 novembre 2010

MDR ! (Pour de vrai…)


Faut-il y voir un présage ?
Il y a quelques semaines, déjà, cette charmante annonce me faisait comprendre le véritable sens de l’expression « aller s’enterrer dans un trou ».
Aujourd’hui, je débusque par le plus grand hasard ce repaire d’aliénés
Happy Halloween!

dimanche 31 octobre 2010

Sortie dominicale : le dépaysement au coin de la rue

Oubliez le cinéma. De plus en plus, il suffit de sortir de chez soi pour se croire non plus devant mais dans un film de science-fiction. Ainsi, je viens de croiser un jeune quadra en jean-blazer-écharpe, sourire béat, iPhone dégainé, tout occupé à photographier (filmer ?) ses deux mouflets (Mathis et Luna ? Oscar et Emma ? Gabin-Louis et Vélove ?) Que faisaient d’extraordinaire ces deux angelots ? me demanderez-vous. Leurs premiers pas citoyens, vous répondrai-je, puisque, sur la pointe de leur petits petons, langue sortie sous l’effet de la concentration, ils jetaient des bouteilles d’Evian dans la poubelle du recyclage (pardon : la borne de tri sélectif). On peut comprendre l’émotion et la fierté du jeune « papa » devant une telle précocité. Engendrer coup sur coup deux agitateurs du tri, ça vous donnerait presque envie d’embrasser votre prostate.

mardi 28 septembre 2010

Nul n’est prophète en son vin de pays

En promenant ma chienne, il y a quelques instants, j’ai été abordé par un clochard déjà bien madérisé, qui a jugé utile, et même urgent, de me faire les révélations suivantes :
C’est la fin des kebabs raciaux ! Dans cinq ans, poulet juif ou poulet arabe, pffffit ! Ce sera pareil ! À dégager ! C’est comme la voiture : ils ont trouvé encore meilleur que le moteur à essence… Ils appellent ça le « contrat écologique »… Écologique, mon cul ! Ah ah ! Fumiers ! Une bombe atomique sur tout ça ! Eh oui, Monsieur. C’est mon métier… Je te largue une bombe sur tout ça et je t’emmerde !
Après une longue journée, remplie de tracasseries en tous genres, et une inauguration de foire aux vins un peu sordide, je crois que cette rencontre était ce qui pouvait m’arriver de pire. Sans que je parvienne à m’expliquer pourquoi, elle me laisse une immense impression de lassitude. Just one of those days, I guess…

dimanche 19 septembre 2010

Les aventures de « Monsieur Fromage »

De temps à autre, peut-être une fois tous les deux ou trois mois, j’ai droit au coup de fil de « Monsieur Fromage ».
« Monsieur Fromage » est une sorte de sondeur freelance. Il conduit des enquêtes auprès des consommateurs pour diverses sociétés. Je crois que son vrai prénom est Olivier mais je n’en suis plus sûr. Dans la famille, on le surnomme « Monsieur Fromage » parce que quand on l’a connu, il était employé par une boîte spécialisée dans les sondages sur les calendos, bries et autres livarots. C’était à l’époque où il prenait encore la peine de se déplacer un petit peu. Il arrivait toujours plus ou moins à l’improviste, avec sa mallette pleine d’échantillons. Autant dire que quand il l’ouvrait en fin d’après-midi, l’été, après une journée de tapin, on était rapidement mis au parfum, dans tous les sens du terme, et pas toujours les plus agréables. Et puis la boîte a fini par découvrir, en menant ses propres contre-enquêtes par téléphone auprès des personnes que « Monsieur Fromage » était censé avoir sondées, qu’il y mettait quand même pas beaucoup de zèle à faire goûter ses claquos… Parfois même, il s’est trouvé que les gens avaient jamais entendu parler de lui. « Un sondeur en fromages, vous dites ? qui serait passé chez moi ? Mais pas du tout ! » De se rendre compte qu’ils avaient loupé une dégustation à l’œil et qu’en plus on s’était servi à leur insu de leur nom et de leur adresse pour remplir un questionnaire bidon, ça les rendait enragés les gens. Alors il s’est fait virer, « Monsieur Fromage ».
Il a pas eu trop de mal à retrouver du boulot, avec la manie des enquêtes, des tendances, et tout ça. Mais maintenant, il a compris la combine. Bien finies les visites à domicile ! Plus d’emmerdements ! Depuis son canapé, il fait tourner son petit répertoire. Il appelle quelques habituels, bonnes poires dans mon genre, et leur annonce sans chichis la couleur : « Bon, je suis censé être passé chez toi. Je t’ai montré trois projets de publicité. Dis-moi lequel que tu as préféré, comme ça, au hasard. » Ou encore : « Je t’ai cité une liste de marques que tu dois évaluer. Tu leur mets 6/10 à toutes, n’est-ce pas ? » Bien sûr. Si tu le dis. On va pas chipoter pour si peu…
Parfois, c’est plus philosophique, plus profond : « Tu me dis lequel de ces pictogrammes correspond le mieux à ta vision de la vie, entre un petit bonhomme qui sourit, un qui a un air neutre et un qui fait la moue… » Et puis comme ça, sans transition : « Même question pour les pizzas Sodebo . » Faut suivre le fil… C’est pas toujours commode.
Mais que ce soit pour des parapluies ou des assurances, du jambon blanc ou des couches-culottes, faut être honnête, l’affaire est toujours rondement menée. En dix minutes, c’est plié. Juste le temps de me briefer sur mon identité du jour, au cas où ces fumiers de contrôleurs m’appelleraient pour vérifier un peu les bobards, voir si je serais pas par hasard un consommateur fantôme. Une vraie combine d’espion ! « Bon, aujourd’hui tu es un chômeur de 32 ans qui vit encore chez ses parents. » Ou alors : « Tu es chef de famille, tu as 54 ans et trois enfants, sinon tu comprends, ça rentre pas dans mes cases… » Il m’a à la bonne, je crois, « Monsieur Fromage ». Je le contredis jamais.
Je l’aime bien aussi, moi, qui suis pourtant pas friand du téléphone, et encore moins pour les enquêtes d’opinion. En donnant ma bénédiction à ses dingueries, j’ai l’impression de devenir un peu son complice. Je m’imagine qu’on pense déjà tous les deux, hilares, aux publicitaires qui se branleront sur nos statistiques arrangées à la sauce « je t’emmerde » pour créer leur prochaine campagne de pub décalée et anticonformiste… On a les plaisirs qu’on peut.

lundi 21 juin 2010

Fugue en sol clément

Ce soir, c'est la fête de la musique.
Cette année, le thème en est "la musique au féminin".
Si vous voyez deux meilleures raisons pour s'éclipser à la campagne, faites-moi signe à mon retour.

lundi 14 juin 2010

Tout est dans tout


L'escroquerie sociologique résumée en un schéma...

samedi 22 mai 2010

Préjugés en série

Je viens d'apprendre, en écoutant la radio, que la plupart des tueurs en série étaient des hommes blancs âgés de 25 à 50 ans et bien intégrés professionnellement.
Je suis un homme. Je suis blanc. J'ai entre 25 et 50 ans. Je suis bien intégré professionnellement... Et pourtant, je ne suis pas un tueur en série. Vous imaginez donc sans peine à quel point je me sens stigmatisé.
Mais je me console : SOS Racisme ne devrait plus tarder à publier un communiqué pour s'insurger contre ce dérapage nauséabond.
J'attends...

dimanche 25 avril 2010

Le savoir-parler-moderne : leçon 2


Ne dites plus : "C'est de la merde".
Dites : "Personnellement, ce n'est pas mon truc, mais je comprends tout à fait qu'on puisse aimer et je le respecte".

mardi 24 novembre 2009

A nous deux, Hollywood !


L'autre soir, alors que je ruminais tardivement une pizza aux trois fromages devant une série policière quelconque (vraiment quelconque), j'eus une illumination. Mon cerveau fécond venait d'imaginer le scénario ultime, reproductible à l'infini, qui éviterait bien des peines et des dépenses aux producteurs d'Hollywood. Jugez plutôt :
Une sauterie en plein air, au bord d'une piscine. Jolies filles en bikini qui se trémoussent. Musique à fond. Alcool à gogo. Tout va bien.
Les convives s'avisent soudain qu'un vieux cadavre tout boursouflé et mutilé flotte au milieu du bassin. Détail macabre : il tient encore sa coupe de champagne à la main qui lui reste. C'est le maître des lieux. Cris. Panique.
Générique d'introduction.
L'équipe des experts arrive sur les lieux. Premières constatations : le pauvre diable, avant d'être jeté à l'eau, a été assommé et eviscéré. L'hypothèse du suicide ou de l'accident sont rapidement écartées.
Présentation succinte des suspects : la femme de la victime (femme fatale qui n'a pas l'air très chagrinée de la situation, cette salope) ; le jardinier du domaine (beau mec viril avec qui elle vivait une liaison torride, parce que sa lopette de mari ne savait plus la satisfaire) ; le barman de la fête (type entre deux âges aigri qui en a vu de belles au cours de sa carrière, dans cet univers de milliardaires décadents qu'il ne supporte plus). A l'inverse, le frère cadet de la victime, à peine sorti de l'adolescence, bouleversé, désespéré, semble au-dessus de tout soupçon.
C'est alors qu'arrive en 4x4 noir le patron des experts (professionnel laconique qui conserve sa part d'ombre, ses blessures secrètes) avec une machine révolutionnaire, le "Flair-coupable". Posté devant l'assemblée, il appuie sur un bouton. La machine, équipée d'un bras robotisé, désigne alors immédiatement (et contre toute attente) le frère de la victime. Une voix de synthèse confirme : "C'est bien lui".
Protestations inutiles du perfide frangin (il a eu tort, aussi, de se croire le plus malin). Acculé, il finit par avouer : il était jaloux de son frère, qui avait réussi, avait une femme superbe, etc. Il est menotté et emmené. Au passage, le patron des experts lui envoie une réflexion bien sentie, tout en remettant ses lunettes de soleil ("Vous avez joué, vous avez perdu !" - Vlam ! Dans les dents ! Ah ah ! Faut pas le faire chier le patron des experts...)
Générique de fin.

lundi 19 octobre 2009

Dans quelle poubelle ?

Ce matin, une affiche épinglée dans le local à poubelles de mon immeuble m'avise que je peux recevoir "la visite à [mon] domicile d'un ambassadeur du tri", afin de me "sensibiliser aux gestes du tri sélectif". En outre, j'ai le bonheur d'apprendre que cette initiative citoyenne a été concoctée par l'association "Toubitri", dont les membres se targuent d'être des "agitateurs du tri".
Ou comment faire du recyclage des boîtes de conserve et des bouteilles de lait un acte à la fois diplomatique et subversif.

mardi 7 juillet 2009

Une Porsche, une vache, une patate

Il y a tout juste une semaine, après deux longs mois d’attente, je prenais enfin les commandes de ma nouvelle voiture. Eh bien il faut être honnête : on a beau prétendre ne pas s’attacher aux biens matériels, on a beau clamer qu’on se contenterait tout aussi bien d’une poubelle à quatre roues si elle était capable de nous conduire d’un point A à un point B, on prend tout de même rapidement goût à une belle bagnole bien rutilante.

Je ne dis pas ça parce que je l’ai polishée jusqu’à en attaquer la peinture pourtant neuve, ni parce que j’ai dormi dedans cette nuit. Mais tenez, ce matin, par exemple, j’ai écrasé à coups de batte la gueule de deux pédés qui faisaient mine de s’en approcher. Après enquête, il s’est avéré qu’il s’agissait seulement de deux touristes égarés qui voulaient me demander leur chemin. Ouf ! J’en ai profité pour leur montrer mon super GPS. Ils étaient ravis !

Cet après-midi, je vais faire quelques emplettes pour égayer l’intérieur de mon bolide : parfums d’ambiance, gainages en cuir, pare-soleil Titi et Grosminet… Mais pas de chien de plage arrière, hein. D’abord, je viens d’abandonner mon vrai chien à la SPA pour ne pas qu’il me foute des poils dans le coffre ; c’est certainement pas pour en prendre un faux. Et puis j’aurais trop peur de passer pour un beauf.

mardi 23 juin 2009

Top délire méga groove


Depuis le temps, j’aurais pourtant dû retenir la leçon : je suis absolument incapable de travailler en écoutant de la musique. Mais c’est plus fort que moi ; quand le travail en question est particulièrement fastidueux, je surestime mon pouvoir de concentration et retente ma chance. Hier, alors que je jouais les scribes en recopiant, pour la thèse, des citations glanées lors de diverses lectures, j’ai ainsi eu l’excellente idée de lancer un petit pot-pourri de tubes des années 90. (Bloody nostalgia!) Voilà le résultat :


In many ways, faith in the eighteenth century seems to concentrate upon itself a whole set of tensions and contradictions. On the one hand, for instance, a lot of Anglicans wondered how and why yesterday you told me ’bout the blue blue sky, and all that I can see is just a yellow lemon-tree. In this respect, the writings of the then Archbishop of Canterbury are particularly revealing: “What if God was one of us? Just a slob like one of us? Just a stranger on the bus, trying to make his way home?”

Yet on the other hand, Protestantism as a whole went through a series of changes. Whereas the doctrines which composed it had been rather simple et funky since the Reformation, from the 1720s onwards it tended to become Beregovoy, aussi vite que Senna, je veux atteindre le nirvana.

For modern readers of course, this apparent paradox may be puzzling, but that’s okay cause I’ve got no self-esteem. After all, it should be kept in mind that such changes did not only take place in Britain but also throughout Europe and even, to a certain extent, around the world around the wooooorld around the world around the wooooorld – particularly after 1776. Indeed, it was no coincidence that George III’s famous statement (“Love me, love me, say that you love me, fool me, fool me, go on and fool me.”) was delivered that very same year. As a result, our first purpose will consist in determining if it makes you happy it can’t be that baa-a-a-ad, if it makes you happy then why the hell are you so sad?



Je vous invite d’ores et déjà tous à ma soutenance (pas de baskets, s’il vous plaît). Il y aura un DJ et une boule à facettes. J’ai hâte !

samedi 13 juin 2009

Cri(cri) d’amour

Il n’y a donc plus ni pères, ni mères, ni enfants. Seulement des papas, des mamans et des bout’chou. Provisoirement, d’ailleurs, car les deux premiers seront eux-mêmes bientôt remplacés par le générique parent. (Exemple : « Hier, avec mon parent, on est allés au zoo »). L’unisexe, on dira ce qu’on voudra, c’est plus pratique et moins fasciste. Encore un peu de patience.

En attendant, disais-je, papa-maman et leurs bout’chou se portent bien. Tendez l’oreille si vous n’êtes pas convaincus. « Blocage des universités : les mamans contre-attaquent ». « Le papa qui maltraitait son bout’chou depuis 43 ans sans qu’aucun voisin ne s’en aperçoive a été interpellé ». « La maman avait congelé ses bout’chou mais le papa la soutient », etc. C’est acquis. Inutile de s’appesantir.

Je propose, en revanche, d’aller plus loin, pour mettre fin à une odieuse inégalité de traitement. Avant même de devenir papa ou maman, n’est-on pas, en effet, amoureux ou amoureuse ? Dès lors, à quoi bon chanter les louanges de la parentalité si l’on discrimine le couple, en lui niant la part d’émotion publique qui lui revient de droit ? Je suggère donc que nous fassions un travail sur nous-mêmes et que nous nous efforcions de corriger nos mauvaises habitudes, à commencer par celle qui consiste à employer des mots aussi sordidement dénués d’affectif que mari, femme, compagnon ou compagne. D’aucuns trouveront peut-être le défi difficile à relever, mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Imaginez avec quelle béatitude nous lirions ou entendrions les gros titres de demain : « Le Président s’est rendu à Londres accompagné de sa bibiche chérie ». « Catastrophe aérienne : 224 morts dont 96 sucres d’orge et 55 pupuces ». « Une comédienne battue à mort par son biquet d’amour ». How’s that for starters?

jeudi 21 mai 2009

Colloquial advice

M***, amie thésarde, s’inquiète de ne pas avoir suffisamment de temps pour soumettre une proposition de communication à un colloque. En réalité, on a toujours assez de temps pour ce genre de bluff. D’expérience, je puis même affirmer que c’est souvent dans l’urgence que les traits d’inspiration les mieux sentis (phrases en chiasme, jeux de mots et paradoxes soi-disant profonds, portes ouvertes enfoncées sous le masque de l’originalité…) viennent avec le plus de facilité. L’instinct de survie, probablement.

Non, le plus dur, c’est bien entendu de poursuivre l’escroquerie une fois sur place ; autrement dit de savoir dissimuler avec élégance le fossé béant qui ne manque jamais de séparer ladite proposition de la communication finalement pondue, l’élan lyrique prometteur de l’inavouable réalité.

Trois petites astuces de base pour y parvenir à peu de frais :

1) En guise de préambule, affectez l’enthousiasme en expliquant que, certes, vous étiez initialement parti(e) sur la piste évoquée dans le programme du colloque, mais que vos recherches vous ont peu à peu amené(e) à bifurquer vers une question à votre sens plus fondamentale encore (comprenez : les trois morceaux de phrase que vous avez griffonnés la veille au soir dans votre chambre d’hôtel). Insistez sur le fait que vous n’êtes pas responsable de ce changement de dernière minute, mais qu’il s’est imposé à vous, le sacripant. Par honnêteté intellectuelle, vous ne pouviez pas l’ignorer et choisir la facilité. Au besoin, illustrez votre agacement imaginaire d’une petite moue. Concluez cependant d’un air bienveillant et fataliste : « This subject is so vast and so complex, but on the other hand it’s so fascinating ! »
Autre avantage de cette stratégie : pour des raisons de temps, que chacun comprendra, ces confidences méta-méthodologiques tiendront lieu d’introduction à votre intervention et vous dispenseront donc d’en rédiger une vraie.

2) Plus prosaïque mais tout aussi efficace : abrutissez votre auditoire d’un florilège de « visual aids » fantaisistes : citations latines, portraits de personnages illustres (Churchill, Nelson, Noddy…), schémas, diagrammes, photos de cul, tout est bon à prendre ! Il s’agit avant tout de détourner l’attention générale des fadaises que vous êtes en train de débiter.

3) Si vos fariboles ne dépassent pas les 3 minutes au chrono, découvrez-vous un chat dans la gorge et buvez abondamment. Pour plus de réalisme, nous vous conseillons de préparer le terrain environ une heure à l’avance, en poussant des râles de moribond pendant les communications qui précèdent la vôtre. Pour marquer le coup, sortez ostensiblement de l’amphi. Sous prétexte de ne pas déranger plus longtemps vos congénères par vos expectorations, vous pourrez ainsi aller vous en griller une avant que ne vienne votre tour. Ne simulez le malaise cardiaque ou l’AVC qu’en dernier recours.

Dans la prochaine leçon, nous verrons comment répondre aux questions qui suivent votre communication.