Je dirais même plus...

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mardi 8 mars 2011

Journée de la contorsion

Voilà qui est singulier. En cette journée si particulière, aucune personnalité ne semble se réjouir du fait qu’un sondage place une femme en tête des intentions de vote pour les prochaines élections présidentielles. Je me demande bien pourquoi…

vendredi 11 février 2011

E = ?? !! 2

It struck me as obvious, all of a sudden. Après avoir traîné mes guêtres sur pas mal de blogs, de sites d’information et de débats, après avoir méthodiquement lu des milliers de commentaires « postés » sur des milliers de sujets, je suis en mesure de formuler la loi suivante :
La connerie d’un commentaire est toujours proportionnelle au nombre de points d’interrogation, d’exclamation et de majuscules employés par celui ou celle qui l'écrit.
3 commentaires
Bidule a dit…
On devrait rétablir LA PEINE DE MORT pour un billet si con !!!!!!
Machin a dit…
Un ENFANT aurait pu le dire !!!!! Vous êtes SIMPLE D’ESPRIT ou quoi ????!!!
Bab a dit…
SIMPLE D’ESPRIT ??????? OUI, MAIS IL FALLAIT Y PENSER !!!!!!!!!!!!!!

mardi 28 décembre 2010

Chronique d'une mort annoncée

Je ne suis peut-être pas d’un naturel foncièrement optimiste, mais s’il y a une antienne qui ne m’inspire aucune inquiétude, c’est bien celle de la « désaffection des gens pour la lecture ».
D’abord parce que j’ai grandi en entendant annoncer cette « catastrophe » à l’envi sans jamais vraiment la constater moi-même. Dans les années 90, c’étaient les jeux vidéo et le déferlement de programmes abrutissants à la télévision qui devaient, à coup sûr, tuer le livre. On attend encore l’enterrement… Aujourd’hui, ce sont internet et le téléphone portable qui s’apprêteraient à porter l’estocade à la littérature, tout comme ils auraient déjà estourbi l’orthographe. Pourquoi pas… La seule chose que s’apprête à estourbir internet, à mon avis, c’est la télévision (ironie du sort…), mais c’est un autre sujet.
Et puis surtout, j’ai beau faire tous les efforts du monde, je ne vois pas où serait le drame même si les gens ne lisaient effectivement plus du tout. On me dira que la lecture est un outil de culture, et que la désaffection des gens pour les livres est donc symptomatique d’une tendance à la « déculturation ». Soit. Mais, à supposer que cette désaffection existe, elle n’est, précisément, que cela : un symptôme. Autrement dit, elle montre le problème de la « déculturation » par le petit bout de la lorgnette. Jetez un œil au programme d’histoire d’un lycéen. Comparez le niveau du baccalauréat d’aujourd’hui à celui du « certif » d’antan. Voyez si les « élites » médiatiques, artistiques ou politiques sont cultivées ou si elles prônent la culture (et si oui, quelle culture ?) On reparlera de la lecture après cela.
Second argument (dont il est plaisant de constater qu’il est, presque toujours, dissocié du premier) : la lecture est un plaisir immense dont beaucoup se priveraient, sans savoir ce qu’ils perdent. Rien n’est plus vrai. Mais l’humanitarisme s’est-il à ce point développé que l’on trouve désormais le temps de s’émouvoir du sort des « non-lecteurs » ? Le droit d’ingérence a-t-il à ce point tout conquis qu’on croie légitime de faire le bonheur de ces infortunés malgré eux ? Va-t-on bientôt leur larguer, par hélicoptère, des colis de survie contenant les œuvres complètes de Balzac ou de Proust ? Va-t-on organiser un « Bibliothon » ou un « Marathon des Mots » pour leur « redonner le goût de lire » ? (À vrai dire, j’ai peur que ça n’existe déjà – pas le courage d’aller vérifier.)
Est-ce que je crois que la lecture est enrichissante ? Je pourrais – si le sujet n’était pas beaucoup trop intime – citer, sans trop y réfléchir, cinq ou six ouvrages qui ont changé ma vie, au sens propre. Est-ce que j’aime lire ? C’est l’un de mes plus grands plaisirs sur cette terre. Comme l’avait dit Marc-Édouard Nabe dans son suicide médiatique de jeunesse, un livre c’est « un monde qui arrive, cosmiquement » : « on entre dans un auteur comme dans une cathédrale, on est complètement envahi », on « vit pour ça », on en « transpire ».
Cela dit, en ai-je quelque chose à foutre que mon voisin du dessus préfère lire Albert Camus, Alexandre Jardin, le dernier catalogue Ikea ou pas même cela ? En toute franchise, rien du tout. Suis-je peiné de constater que certaines de nos têtes blondes « boudent les livres » (comme disent les journalistes) ? Pas plus. Je laisse à leurs parents le soin de s’en émouvoir à ma place ; ces parents qui ont vécu dans la trouille de passer pour fachos ou d’ « écœurer » leurs rejetons en leur imposant la moindre lecture, et s’étonnent ensuite que le petit dernier ait à peine suffisamment de vocabulaire pour envoyer un sms.
On me dira encore que les lecteurs d’aujourd’hui sont les écrivains de demain. Plus de lecteurs, plus d’écrivains. Soit ! On s’en passera. J’aurais de quoi remplir trois vies avec tous les chefs d’œuvre déjà écrits que je n’ai pas encore lus. Plus d’éditeurs non plus pour les diffuser ? Pas grave ! Il restera les bibliothèques. Je doute qu’on décide de les fermer dans les années qui viennent, quand bien même plus personne n’y mettrait les pieds. Pour une fois, le spectre des bûchers de livres sur fond de croix gammées servirait à quelque chose.
Quoi qu’on en dise, la lecture est un plaisir fondamentalement solitaire et égoïste. En ce qui me concerne, tant que j’aurai un œil valide, tous les « lecteurs », « non-lecteurs » et « faux lecteurs » du monde pourront bien aller au diable !

samedi 19 juin 2010

Pour mémoire

Je sais bien que - quelle que soit sa valeur - aucune oeuvre n'a jamais été ni ne sera jamais le reflet de son époque, pour la bonne et simple raison que, précisément, elle en fait partie et ne saurait donc en être extraite pour se tenir face à elle, à la manière d'un miroir. Ainsi, s'il est toujours possible - et, à vrai dire, enivrant - de réfléchir une époque à travers une oeuvre (et même d'en réfléchir deux : la nôtre et la sienne), il me semble en revanche illusoire de penser qu'une oeuvre puisse réfléchir une époque.
Il n'en demeure pas moins que si, dans 1000 ans, il venait à un historien l'idée saugrenue de résumer notre époque, par le biais d'un document qui en condenserait les traits les plus saillants, c'est probablement par ici qu'il faudrait que ce farfelu se tourne...

jeudi 29 avril 2010

Question de confiance

Les confidents les plus fiables sont ceux qui se foutent de ce que vous leur racontez.

lundi 15 mars 2010

La Rafle : vous faites des tarifs de groupe ?

Sortie de La Rafle. J'avais du mal à cerner ce qui me mettait mal à l'aise dans la façon dont les médias parlent de ce film, que je n'ai d'ailleurs pas vu (ni ne compte voir). "Devoir de mémoire" par-ci, "témoignage utile aux jeunes générations" par-là ; le tout délivré "avec beaucoup d'émotion"... Comme dirait Columbo, y'avait un truc qui me chiffonnait.
Et puis samedi soir, Ruquier a vendu la mèche : "C'est vrai qu'il y avait eu quelques documentaires sur le sujet, mais là c'est un vrai film".
Euh ?... C'est pas l'inverse, normalement ?

jeudi 17 décembre 2009

Les soucis ont du souci à se faire

Décidément, l'affaire est entendue. Il n'existe plus nulle part de problèmes. Pas la queue d'un. Circulez.
C'est que, depuis un bon moment déjà, les soucis les ont tous envoyés au diable, les problèmes. Ils sont d'abord arrivés subrepticement, ces soucis ; malicieusement planqués derrière la négation de leur propre existence. Y'a pas de souci, qu'ils disaient tous. Vous faites pas de bile, en somme. On n'est pas là. On n'existe pas. Y'a pas de souci. Mais il y en avait... Et même de plus en plus.
Lorsqu'ils se sont sentis en confiance et supérieurs en nombre, les soucis sont passés à l'attaque, pour de bon. Finie, la marche au "pas" ! Les masques pouvaient tomber. On aurait dû le voir venir, du reste : y' va y avoir un souci, ça risque de poser un souci, nous avertissait-on à tout bout de champ. Et puis, enfin, l'invasion eut lieu : il y eut des soucis partout, en veux-tu, en voilà. Même l'alliance que contractèrent dans l'urgence les problèmes avec la vérité (c'est un vrai problème) ne put les sauver du désastre. Ils étaient faits comme des rats. Un vrai génocide !
Seulement ce qu'ils ne semblent pas voir, les petits soucis, tout enivrés qu'ils sont de leur victoire, c'est qu'ils risquent à leur tour d'en avoir un gros. Et sans tarder, encore. Car, tapies dans l'ombre, les soeurs inconsolables et vindicatives des défunts problèmes méditent déjà leur vengeance et rêvent de les détrôner. Ces soeurs, ce sont bien sûr les problématiques. Grassouillettes, satisfaites d'elles-mêmes, conscientes de leur charme, elles s'appliquent d'ores et déjà, telles les tentacules d'une pieuvre gluante, à infiltrer tous les débats les plus insignifiants, tous les sujets les plus glauques, tous les terrains les plus consensuels : la problématique du tri sélectif, la problématique des transports, la problématique de la neige, la problématique du temps de travail, la problématique de l'agriculture, la problématique de la culture...
L'hypothèse d'un mariage de circonstance qui mettrait fin à ces conflits n'est toutefois pas à exclure totalement, et l'on ne peut qu'être impatients de découvrir quels merveilleux rejetons lexicaux engendreraient, si cette union devait être consommée, nos soucis problématiques.

dimanche 11 octobre 2009

Rôle décomposition

On ne peut qu'être frappé par le fait que les acteurs et les comédiens, qui comptent aujourd'hui parmi les notables les plus gras de notre société et en sont, pour beaucoup, le plus médiocre reflet (puisque le septième art n'a lui-même plus d'autre ambition que de "refleter les problématiques qui sont les nôtres") ; on ne peut qu'être frappé, donc, par le fait que ces sinistres farceurs n'aient de cesse de se déclarer de "distants observateurs" de leur époque, dans le conformisme de laquelle ils sont pourtant englués de toute leur âme, et qu'ils soient les plus prompts à dégainer la ritournelle - inoffensive, il est vrai - de l'anticonformisme.
Ainsi, rien n'est plus distrayant que d'entendre ces faquins évoquer avec la fatuité la plus outrée (mais sans déclencher le moindre sourire) les chefs-d'oeuvre "engagés" et "décalés" auxquels ils ont eu "l'immense privilège" de participer. Il faut souligner, à leur décharge, que les préposés en promotion qui les reçoivent pour écouter complaisamment leur babil leur mâchent grandement le travail. "Ce film, ça a été une vraie aventure humaine ?" et "Pour ce rôle, vous vous êtes vraiment mis en danger ?" semblent être devenues deux des questions incontournables de ces autres bouffons sincères que l'on nomme journalistes. La mousse est prête : il n'y a plus qu'à s'en enduire. Et à enchaîner sur le statut toujours précaire, "sur le fil" - mais par là même noble - de l'acteur. Le mot "acteur", du reste, est déjà de trop si l'on en croit les principaux intéressés : "Je ne suis qu'un saltimbanque, un marginal, affirment-ils sans broncher, tout potelés de leurs succès et roses de leur satisfaction. Je suis un héritier de Molière, iconoclaste dérangeant enterré dans la fosse commune (car Poquelin est aujourd'hui à l'artiste ce que Hitler est à l'anti-raciste). Je ne suis qu'un clown triste". Pour le coup, ils ne pensent pas si bien dire. C'est sûrement cela que l'on appelle l'ironie dramatique.

lundi 14 septembre 2009

Rentrée de Vichy, rentrée réussie !


En cette rentrée, convenons-en, l’actualité sourit à la cohorte des « révoltés semi-officiels », des « insurgés du juste milieu » et autres « émancipateurs subventionnés » qui faisaient les délices de Philippe Muray. Pensez donc ! Quelques jours seulement après la mise à la retraite forcée du haut fonctionnaire nazillon Girot de Langlade, c’est au tour du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux – celui-là même qui avait mis le précédent sur la touche – de faire son coming out raciste. Quelle aubaine ! De quoi faire bêler les troupeaux droits-de-l’hommistes au fascisme pendant des mois. De quoi aussi faire rebander toutes les ligues vigilantes après la trêve estivalo-festive.

Passons sur le fait qu’un court extrait de conversation, filmé par un amateur sur un téléphone portable avant d’être diffusé en boucle hors contexte, puisse aujourd’hui tenir lieu de preuve irréfutable de « dérapage » (comprenez : de la tenue de propos jugés racistes, misogynes ou homophobes), et ce sans que personne semble s’en inquiéter le moins du monde. C’est ce qu’il est désormais convenu d’appeler un « buzz ». Passons encore sur le fait que le jeune homme à qui s’adresse Hortefeux dans l’extrait en question ne paraisse nullement s’émouvoir de la plaisanterie de celui-ci. « En même temps, il est militant UMP », nous rétorquera-t-on d’un air entendu – argument décisif s’il en est.

Nous n’en sommes plus à ces détails, en réalité, comme le prouve l’hilarante ligne de défense du brave Brice (« Je parlais des Auvergnats »). Quand on y réfléchit plus de cinq minutes (laps de temps nécessaire pour passer le cap du simple mais exquis grotesque), cette déclaration prend une teinte surréaliste. Elle semble en effet impliquer que tous les participants à cette sinistre farce qu’on nomme « polémique », à commencer par le principal accusé, se sont mis d’accord sur le postulat suivant : si les phrases incriminées visaient bien les « immigrés » (là encore, il faut lire entre les lignes…), il y aurait indiscutablement « dérapage ». En d’autres termes, le bavardage (on n’ose dire « débat ») actuel ne saurait porter que sur la signification (bonne ou mauvaise) de la plaisanterie du ministre (c’est ce que l’on appelait, en d’autres temps, un procès d’intention) ; à aucun moment sur le droit qu’aurait quiconque de formuler ladite plaisanterie dans l’hypothèse même où celle-ci viserait bien les « immigrés ». C’est que ce droit est déjà devenu inimaginable, impensable.

La raison en est fort simple : nous savons bien, n’est-ce pas, où risque de nous mener ce genre d’humour. Mais si, vous savez : aux heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. Inutile de vous faire un dessin. On commence pété de rire ; on finit pétainiste. Les zygomatiques stigmatisent. Il est donc plus prudent de suivre quelques consignes de bon sens, par principe de précaution : faire de l’esprit, pourquoi pas, mais respectueusement ; se montrer ironique à la rigueur, mais sans ambiguïté mal placée ; jouer les sarcastiques éventuellement, mais avec tendresse et compassion ; être tolérant surtout, mais avec les gens qui pensent comme nous. À ce propos, l’accueil de Frédéric Mitterrand à la « fête de l’Huma » (haut lieu de la culture, comme chacun sait) sous les cris de « collabo » et d’ « enculé » était distrayant, à défaut d’être surprenant.

Il convient encore d’égrener l’éternel chapelet : l’histoire qui a tôt fait de se répéter ; le fascisme qui avance toujours masqué, etc. Le plus drôle, c’est que tout cela est parfaitement exact. Sans vouloir crier au loup à mon tour, je fais aujourd’hui le pari que si le fascisme devait faire son retour en Europe, il surgirait effectivement de l’endroit où on l’attend le moins. Quand, au nom du respect, de la tolérance et du mieux-vivre-ensemble, nos vertueuses ligues citoyennes, si jeunes, belles et fortes de leur « métissage », auront tari une à une toutes les sources de la critique et de l’humour, c’est-à-dire de la liberté, alors nous commencerons à rire pour de bon.

Je songe à ce tableau fascinant de Dali : Jeune vierge autosodomisée par les cornes de sa propre chasteté. Préparons la vaseline…


NB : Au moment de publier ce billet, je tombe, presque par hasard, sur un article intitulé : « Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux fêtera la fin du ramadan à Paris ». On n’a pas fini de rigoler !

lundi 29 juin 2009

Dawn of the Dead

Couché vers minuit et demi, je me retourne et m'énerve dans mon lit depuis 4h30 du matin. De guerre lasse, je finis par venir "surfer" un peu. Il y a des aubes, comme ça, où l'on a vraiment la désagréable impression d'être un geek...

mardi 3 mars 2009

À cran ?

Sur Youtube, je tombe sur la vidéo suivante :

http://www.youtube.com/watch?v=u19VdvWwTFo

Bel exemple, je trouve, de la maladresse d’Éric Zemmour, qui a l’art d’engager des débats pertinents et de poser les bonnes questions mais pèche parfois par emportement ou par manque de rigueur intellectuelle. J’avais déjà noté cette faiblesse dans Le Premier sexe.

En l’occurrence, il est vrai qu’il y aurait beaucoup à dire sur la représentativité autoproclamée et la « bien-pensance » d’associations comme le CRAN, véritables turbines à racismes de tout poil. Seulement, si je regarde la définition du mot « race » dans un dictionnaire, le verdict est sans appel :

Race : Catégorie de classement biologique et de hiérarchisation des divers groupes humains, scientifiquement aberrante, dont l’emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques – Subdivision de l’espèce humaine en Jaunes, Noirs et Blancs selon le critère apparent de la couleur de la peau.

Du coup, le raisonnement de Zemmour (en gros : le politiquement correct déforme la réalité au point de dénier le sens des mots qui servent à la dire), bien qu’il ne soit que trop juste, tombe un peu à plat, puisque l’intéressé emploie lui-même un mot à mauvais escient.