Je dirais même plus...

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jeudi 17 février 2011

S.O.S. Opportunisme

« L’exemple du traitement de la surdélinquance des étrangers et des jeunes issus de l’immigration est ici éclairant. Longtemps nié en France, ce phénomène n’en était et n’en demeure pas moins réel. (…) Nier une évidence, c’est s’interdire d’en offrir une analyse. » (p. 14)
Dominique Sopo, S.O.S. antiracisme, Denoël, 2005.
Dominique Sopo… Le même Dominique Sopo qui est, aujourd’hui, président de S.O.S. Racisme. Le même Dominique Sopo qui a attaqué Éric Zemmour en justice pour avoir dit que « la plupart des délinquants sont noirs ou arabes ».
Pour ceux qui en douteraient encore : non, ces gens-là n’ont aucun sens de l’honneur ; oui, ces gens-là sont des escrocs opportunistes ; oui, ces gens-là nous prennent pour des cons.

samedi 15 janvier 2011

Tous au TGI !

Le « procès Zemmour », s’il a de quoi faire froid dans le dos, aura au moins eu le mérite de nous faire rire un peu.
Rire en voyant des champions autoproclamés de la tolérance assigner un journaliste en justice pour un délit d’opinion ; une opinion dont – en l’occurrence – n’importe quel flic, n’importe quel péquin allant faire un tour dans un tribunal correctionnel ou une prison, n’importe quel téléspectateur devinant qui se cache derrière tous ces visages floutés et ces prénoms modifiés, à longueur de reportages sur des faits divers ; bref : une opinion dont n’importe quel type ayant les yeux à peu près en face des trous pourrait confirmer qu’elle reflète la réalité.
Rire en constatant que des petits ayatollahs de la pensée, qui passent leur vie à dénoncer les « raccourcis populistes », s’obstinent, quand on leur dit : « La plupart des trafiquants sont noirs et arabes », à entendre, pour mieux s’en indigner : « Tous les noirs et les arabes sont des trafiquants parce qu’ils sont noirs et arabes ». Ainsi le cauchemardesque Dominique Sopo, président de SOS Racisme, fanfaronnait-il, il y a quelques jours : « Éric Zemmour aura l’occasion d’expliquer d’où il tire ces faits. Je rappelle qu’il est interdit en France de faire des statistiques ethniques. Par ailleurs, il devrait apprendre que la corrélation ne veut pas dire la causalité » ; alors même que Zemmour avait déclaré, dès le 27 avril dernier : « On peut discuter des raisons. On peut dire que c’est un classique dans tous les pays d’immigration : les derniers arrivés sont les délinquants (les Irlandais aux États-Unis au XIXe siècle, les Marocains en Israël…) ; on peut dire aussi que c’est à cause des conditions sociales, ou, comme certains sociologues, de l’histoire de la décolonisation. Mais on n’a pas cherché à discuter de ça ; on m’a dit : "Ferme ta gueule !" ».
Rire en lisant les commentaires des vidéos de propagande anti-Zemmour postées par une « assoss » qui prétend combattre la « stigmatisation », pourfendre les « préjugés » et encourager les gens à penser par eux-mêmes : « Méfiez-vous des idées qui puent. Cet homme n’est pas sexy. » Y’a du level, comme dirait ma petite cousine… Et puis cette mention, comme un appel au grand rassemblement : « Procès au TGI de Paris le 11-13-14 Janvier [sic] 2010 ». Oui, parce que chez ces gens-là, Monsieur, on est à ce point procéduriers professionnels qu’on parle du Tribunal de Grande Instance par abréviation…
Rire jaune, parce qu’on sait pertinemment que si, demain, un étudiant « issu de la diversité » (Quelle « diversité » ? Je croyais qu’il était interdit de dire qu’on était différents ?) à qui un professeur mettrait une mauvaise note avait l’idée d’aller beugler qu’il a été victime d’une « discrimination », le rouleau compresseur aurait écrasé le malheureux prof bien avant que l’on commence à se demander si les allégations de l’étudiant étaient fondées. Voir l’affaire de l’ophtalmologue d’Aix-en-Provence. Rire à s’en étrangler un peu, en songeant que ce lynchage se ferait aux propres frais de sa victime, puisque SOS Racisme est essentiellement subventionnée par l’État français.
Rire à en pleurer, mais rire quand même.

mercredi 10 novembre 2010

Comme prévu...

Ça y est : Florent Pagny a enfin présenté ses excuses, après son « dérapage raciste » (dixit le CRAN, toujours en grande forme). On savait bien, d’ailleurs, que ce n’était qu’une question d’heures. Alors on attendait, comme ça, pour voir un peu le cirque habituel, les contorsions d’usage, les protestations émues, les preuves de citoyenneté cosmopolite, le jeu du « je-suis-encore-plus-antiraciste-que-vous » – bref : le spectacle du bienpensant progressiste qui se fait dévorer par les siens parce qu’il a eu le malheur de s’oublier une seconde. Mais sans plus d’enthousiasme que ça, à vrai dire. Le scénario est désormais tellement connu, la machine si bien rôdée, que même le comique de répétition ne fonctionne plus.
Pagny avait donc déclaré qu’il avait préféré scolariser ses enfants aux États-Unis, parce qu’en France « il y a un moment où ton môme, il rentre à la maison et d'un seul coup, il se met à parler rebeu... » Il avait aussi fait part d’une conversation qu’il avait eue avec le plus jeune de ses fils : « Ce n'est pas possible : tu ne vas pas pouvoir me parler "çacom", parce que verlan, encore, tout va bien, mais là, il n'y a pas de raison. Tu vas passer à autre chose et tu vas essayer de rattraper le groupe de tête plutôt que de traîner ».
Deux déclarations « nauséabondes » d’un coup, il faut dire qu’il a fait très fort, le Florent ! D’abord, il stigmatise le « parler rebeu » qui est pourtant, comme chacun sait, le détournement toujours inventif, souvent poétique et parfois subversif d’une langue (le français) moisie et sclérosée dans l’assurance de ses préjugés. (Car il est bien évident que « parler rebeu » ne signifie pas littéralement « parler arabe », comme fait semblant de le croire le CRAN. Mais passons.)
Et puis surtout, il dénigre nos belles écoles publiques en envoyant ses rejetons aux « States », ce que font – pas folles – toutes nos « élites » politiques, médiatiques, artistiques et sportives depuis déjà belle lurette, mais en ayant le bon goût de continuer à nous vanter les mérites du riant métissage de nos collèges de ZEP et à nous chanter les louanges de la mixité sociale salvatrice de nos lycées professionnels.
« Mais vous n’aurez pas… ma liberté de penser ! » Bah si. C'était même assez facile, en fait…

dimanche 20 juin 2010

L’équipe de France n’a jamais été aussi représentative du « vivre-ensemble »

La déconfiture de l’équipe de France de football face au Mexique constituait déjà un spectacle des plus réjouissants, tant il est vrai que les joueurs qui la composent ont le don de susciter l’antipathie. Constantes gueules d’enterrement, caprices d’enfants gâtés, postures de stars, barbotage satisfait dans la vulgarité des pubs, mépris du public, incompétence notoire : les raisons ne manquaient certes pas de vomir ces drôles-là, pas même foutus de choisir une catin avec goût ni de se la farcir sans que cela ne se sache (ce qui, quand on connaît leurs salaires, relève tout de même de l’exploit…)
Mais l’« affaire Anelka », là, il faut avouer que c’est carrément du caviar ! Résumons-nous. Il y a encore 48 heures, il était donc permis de mépriser de toute son âme l’équipe tricolore – ce dont bon nombre de Français, qu’ils soient ou non amateurs de foot, ne se privaient d’ailleurs pas – mais il était en revanche jugé tout à fait inopportun (pour ne pas dire « nauséabond ») de ne pas s’y reconnaître. Pas le moindre paradoxe là-dedans, à ce qu’il paraît. « On a tous un côté bleu », martelaient les sponsors. Méthode Coué…
Or, aujourd’hui, virage spectaculaire ! On semble tomber des nues. Un joueur mercenaire qui se contrefout manifestement du pays qu’il est censé représenter, qui traite son entraîneur de fils de pute et lui dit d’aller se faire enculer, voilà qui n’est, soudain, « pas la France ». Les journalistes ne ménagent d’ailleurs pas leur peine pour tenter de nous en convaincre : à la radio comme à la télé s’enchaînent, telles des cérémonies d’exorcisme, les interviews de jeunes joueurs de foot « des quartiers » – blacks, blancs, beurs, comme en 98 – dénonçant sagement l’attitude d’Anelka. Et tant pis si, au même moment, Sydney Govou fait des déclarations fort intéressantes (mais bizarrement peu relayées) à un journaliste de L’Équipe lui demandant s’il n’existerait pas, tout de même, des « clans » parmi les Bleus (fallait-il que ça saute aux yeux pour que le pauvre diable ose poser la question !) : « Dans la vie de tous les jours, on cherche des affinités, alors en équipe de France aussi. Et quand on cherche des affinités, la couleur, c’est la première chose qui vient à l’esprit. » De fait, l’équipe de France n’a jamais été aussi représentative qu’à cet instant précis où il devient, comme par hasard, interdit de s’y reconnaître. Elle illustre à merveille ce que toute personne un tant soit peu en contact avec le réel sait depuis longtemps déjà – à savoir que le « vivre-ensemble » est un mythe.
Mais tout cela a peu d’importance. L’essentiel n’est-il pas d’« éliminer le traître » qui a balancé le caïd, comme l’a dit Patrice Evra, le parrain – pardon, le capitaine – de cette belle équipe ? Bien sûr que si. C’est la loi de la rue, mon frère. M’est avis que c’est Gourcuff qui va prendre, « coupable » ou pas. Une vague intuition…

mercredi 24 mars 2010

A l'ouest, rien de nouveau

Du déni au délit de réalité, les censeurs-tolérants continuent leur petit bonhomme de chemin, guillerets, sûrs de leur bon droit.
Dans ce désert-là, les oasis se font rares...

vendredi 5 février 2010

Les nazillons ont toujours raison

Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) a publié il y a quelques jours un indigent et indigeste rapport intitulé "Internet, enjeu de la lutte contre le racisme".
On pourrait bien entendu - coup de folie - se demander en vertu de quelle lubie internet devrait être l'"enjeu" de quelque "lutte" que ce soit. Du reste, tant qu'on y est, on pourrait aussi s'interroger sur la pertinence d'un concept tel que "l'amitié entre les peuples". En quoi cette amitié serait-elle nécessaire, souhaitable, urgente ? Chacun n'est-il pas libre de choisir ses propres amis, en fonction d'affinités qu'il n'a pas à justifier ? Ne suffit-il pas d'être cordial avec les autres ? D'ailleurs, tous ces "peuples" qui doivent, au plus vite, devenir amis, qui sont-ils ? Fait-on référence aux rapports qu'entretiennent les citoyens français avec les citoyens d'autres pays ? Dans ce cas, je répète ma question : pourquoi faudrait-il que ces rapports soient "amicaux" ? Parle-t-on des rapports qu'entretiennent les citoyens français, de différentes origines, entre eux ? Mais je croyais qu'il était formellement interdit de faire la moindre distinction (puisqu'aujourd'hui toute distinction est toujours une discrimination) entre de telles catégories de personnes, dont le MRAP et diverses autres "assoss" passent par ailleurs leur temps à nous expliquer qu'elles n'existent pas. Qu'importe.
Pour en revenir au rapport précité, il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie la prose "amicale" du MRAP pour comprendre ce qu'est la bêtise, mais alors la vraie, la folle furieuse. Celle du tolérant envers ceux qui pensent comme lui, du facho antifasciste, de l'innocent délateur, du pénalophile illégitime, du borné large d'esprit, du puritain pourfendeur de tabous, du vertueux hystérique. La folie du philanthrope, en somme.
D'entrée de jeu, un avertissement donne le ton :
"Important : comme le précise le titre, la mention d'un site dans cette étude ne signifie pas qu'il soit considéré par le MRAP comme raciste, quel que soit l'avis du MRAP sur son contenu. Par ailleurs, son absence ne vaut pas brevet de respectabilité."
Rigorisme glacial, satisfaction, arrogance. Pas d'erreur, on est à la bonne adresse.
S'ensuit un pénible catalogue de sites jugés, pêle-mêle, "royalistes", "réactionnaires", "islamophobes", "anti-communautaristes", etc. Les noms fusent. Un lien par-ci, une calomnie par-là. Au détour d'une page, j'apprends par le plus grand hasard que certains des blogs que je suis sont classés "droite extrême", ce que je m'étonne fort de ne jamais avoir suspecté en plus de deux ans de lecture assidue. Décidément, ils sont partout ces racistes. Heureusement que la liste du MRAP est là, pour nous apprendre à les reconnaître.
Et quelle liste ! Un vrai fourre-tout ! Les plus minables adorateurs du Troisième Reich et les brutes les plus avinées y côtoient, à la bonne franquette, les auteurs de blogs dont le seul tort est de ne pas applaudir à tout rompre l'idéologie dominante. La logique de ce nivellement ? Les premiers citent abondamment les seconds. Le rapport s'appuie en effet sur une hallucinante méthodologie de flicage des sites fondée sur le décompte des liens entrants et sortants. En d'autres termes, si un site, en lui-même "irréprochable", est mis en lien par d'autres sites ouvertement racistes, ce site devient automatiquement suspect de "manier le sous-entendu raciste", dixit le MRAP, qui, certes, connaît son affaire lorsqu'il s'agit de sous-entendre.
Les dictatures historiques jugeaient les dissidents à leurs lectures ; les MRAP les juge aujourd'hui à leurs lecteurs. Degré zéro de la pensée. Vérité statistique qui épargne l'effort d'une lecture critique. Il n'y a pas de fumée sans feu, après tout, n'est-ce pas ? Et puis si les néonazis étaient des abrutis incapables de lire intelligemment ni de comprendre un texte, ça se saurait, non ? Gare à vous s'ils vous citent, donc, car c'est bien connu : les nazillons ont toujours raison.
Fatalement, avec une pareille méthodologie, il faut s'attendre à ce que le travail d'analyse du rapport soit réduit à la portion congrue. C'est faire preuve d'encore trop d'optimisme. Hormis le catalogage brouillon des sites incriminés (citations à l'appui pour les cas les plus caricaturaux, histoire de laisser entendre que tous sont à mettre sur le même plan d'ignominie), c'est le grand désert. Il semble d'ailleurs (qui s'en étonnerait ?) que les auteurs du rapport aient trouvé du mal à faire rentrer tout le monde dans leurs petites cases (du moins celles qu'il leur reste). Ainsi, à propos d'Alain Soral, se contente-t-on de nous signaler qu'"il aurait pu être classé avec les rouge-brun, notamment à cause de son parcours, de la gauche à l'extrême-droite". On est ravi de l'apprendre. Du côté des dérapages, en revanche, la pêche est plutôt mince : "Pas de contenu explicitement raciste dans les pages vues, mais des proximités idéologiques à signaler". S'ensuit une liste de noms d'individus avec qui, pour le coup, l'amitié est tout à fait déconseillée par le MRAP. Mais c'est sans doute avec l'évocation de l'excellent Renaud Camus qu'on touche le fond de la fosse d'aisance : "Ecrivain contesté pour des propos jugés antisémites" (c'est moi qui souligne), Camus est accusé d'avoir publié un "texte d'inspiration racisante et ethno-différentialiste" [sic] que je vous invite d'ailleurs à consulter si cela vous intéresse.
Conclusion grandiose de ce rapport de 154 pages (tout de même) ? Elle tient en huit lignes qui valent le détour et se passent de commentaires : "Les moyens limités offerts par la loi aux antiracistes sont sous-utilisés par manque de temps, d'outils techniques de traitement automatique des données. Cet obstacle franchi, il y aura probablement surcharge des tribunaux devant les plaintes déposées. Il est dès aujourd'hui possible de faire un signalement par jour, ou une mise en demeure de retirer un contenu. Le mouvement antiraciste doit cependant relever ce défi, le MRAP peut se développer et se renforcer sur ce thème, en faisant appel à des personnes qui ne sont pas forcément attirées par les formes classiques du militantisme".
Vous avez bien reçu le message ? En chasse, citoyens !

lundi 16 novembre 2009

Fais tes devoirs, sinon on dialogue !


Pan-pan cul-cul pas bien, donc. Comme à l’accoutumée, la « proposition » a surgi de nulle part, enduite d’une rhétorique moderniste désormais incontournable : la « France-en-retard » ou « à-la-traîne », les « statistiques-qui-prouvent-que-dans-les-autres-pays-européens », le « problème-de-la-maltraitance-que-nul-ne-saurait-cautionner », etc.
Une fois ce petit chantage intellectuel de routine mis en place, ladite proposition (dont l’avenir n’a, bien entendu, aucune espèce d’importance) pourra, éventuellement, jouer le rôle convenu ; autrement dit « faire polémique ». Je dis bien « éventuellement », car on fabrique tant de ces « affaires » en carton-pâte à l’heure qu’il y a forcément du déchêt. Soyons optimistes et gageons que celle-là connaîtra son heure de gloire.
Dans les journaux, les « psychologues », « spécialistes » et autres « consultants » ès éducation ne manqueront pas de donner leur avis satisfait sur la question, à grand renfort de novlangue. Psychologies fera semblant de s’interroger : « Éducation stricte : bonne ou mauvaise idée ? » tandis que Version Femina proposera à ses lectrices (et lecteurs) un test « drôle et décalé » : « Votre bout’chou est-il un enfant-roi ? »
Sur toutes les radios, dans la rubrique « Vous avez la parole », Jeanine, 67 ans, de Vaulx-en-Velin, pourra hurler que cette proposition est un scandale, qu’il n’y a « plus de valeurs » et que, de son temps, les mouflets se prenaient des taloches sans broncher.
À la télévision, des « débats citoyens libres de ton » seront organisés. Des « pédopsychiatres », des « mamans » et surtout des « papas » y vanteront les mérites d’une « éducation douce », « basée sur la pédagogie et le dialogue ». Quelques idiots utiles viendront charitablement leur servir de contradicteurs. Avec un peu de chance, ils auront le temps de marmonner timidement des mots comme « autorité », « recadrage » ou « respect » avant de se faire rire au nez et traiter de « réactionnaires phallocrates ». Les plus kamikazes s’enhardiront peut-être jusqu’à suggérer que l’angélisme en matière d’éducation n’a jusqu’à présent pas donné de résultats probants et que, si les enfants n’ont pas l’air spécialement plus épanouis qu’avant, il ne fait en revanche aucun doute qu’ils sont de plus en plus insupportables. D’autres, plus spirituels ou plus nihilistes, se risqueront à la rigueur à affirmer que, quand bien même la fessée n’aurait aucune vertu pédagogique pour l’enfant, elle a parfois le mérite de soulager certains parents et de leur éviter l’ulcère, ce qui n’est tout de même pas si mal.
Comme d’habitude, en tout cas, personne ne songera à remettre radicalement en cause l’hystérie légaliste ambiante qui a rendu l’existence même de cette hallucinante proposition possible, ni à pointer du doigt la seule chose qu’elle représente vraiment : une énième forme d’ingérence bien-pensante dans la sphère privée. La question de l’opportunité d’une loi interdisant les « châtiments corporels » se trouvera rapidement réduite à un débat « Pour ou contre la fessée ? », le postulat étant que, s’il était prouvé que la fessée est bel et bien néfaste, il faudrait naturellement une loi pour l’interdire.
Et surtout, comme d’habitude, personne ou presque ne rira à gorge déployée du grotesque de la situation, qui ne manque pourtant pas de sel. D’abord, parce qu’elle illustre merveilleusement le pouvoir qui reste aujourd’hui au politique et l’envergure des affaires qu’il traite (avec le plus grand sérieux). Ensuite, parce que nos charmants petits Matis, Théo, Morgane et autres Enzo n’ont certes pas attendu cette ultime boutade pour faire subir à leur entourage leur despotisme procédurier et leur terrorisme affectif.
Pondre une loi rendant la fessée obligatoire, au point où nous en sommes arrivés, cela aurait déjà été à peu près aussi sérieux que de porter un ciré à Tchernobyl pour se protéger des radiations ; mais concocter une loi l’interdisant, cela confine au sketch burlesque. Un peu comme si le commandant du Titanic pissait dans ses cales inondées en chantant « Nearer, my God, to Thee »…

mardi 3 novembre 2009

Frappe chirurgicale

Trouvé par hasard sur le site de l’Éducation Nationale. Prions pour que ces bijoux soient mis en ligne, le moment venu !

La lutte contre les discriminations et les représentations négatives est une des priorités de notre académie. En outre, apprendre à vivre ensemble, à se respecter mutuellement et à s'enrichir des différences est également l'une des missions assignées à notre école.
C'est dans cette optique que les lycéens élus au Conseil Académique de la Vie Lycéenne ont souhaité organiser un concours lycéen contre les discriminations : en réalisant seul, en groupe ou par classe avec un enseignant, une affiche, une photo ou même un clip vidéo illustrant la lutte contre toute représentation négative de l'autre, les élèves des lycées parisiens favoriseront une vision positive du « vivre ensemble » et de la tolérance.
Ce concours est ouvert du 15 octobre 2009 au 15 janvier 2010.
Le jury, composé des lycéens du CAVL et de représentants d'associations, se réunira et remettra les prix en février 2010.
Lycéens, engagez-vous pour combattre toute forme de discrimination et participez au concours !

lundi 14 septembre 2009

Rentrée de Vichy, rentrée réussie !


En cette rentrée, convenons-en, l’actualité sourit à la cohorte des « révoltés semi-officiels », des « insurgés du juste milieu » et autres « émancipateurs subventionnés » qui faisaient les délices de Philippe Muray. Pensez donc ! Quelques jours seulement après la mise à la retraite forcée du haut fonctionnaire nazillon Girot de Langlade, c’est au tour du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux – celui-là même qui avait mis le précédent sur la touche – de faire son coming out raciste. Quelle aubaine ! De quoi faire bêler les troupeaux droits-de-l’hommistes au fascisme pendant des mois. De quoi aussi faire rebander toutes les ligues vigilantes après la trêve estivalo-festive.

Passons sur le fait qu’un court extrait de conversation, filmé par un amateur sur un téléphone portable avant d’être diffusé en boucle hors contexte, puisse aujourd’hui tenir lieu de preuve irréfutable de « dérapage » (comprenez : de la tenue de propos jugés racistes, misogynes ou homophobes), et ce sans que personne semble s’en inquiéter le moins du monde. C’est ce qu’il est désormais convenu d’appeler un « buzz ». Passons encore sur le fait que le jeune homme à qui s’adresse Hortefeux dans l’extrait en question ne paraisse nullement s’émouvoir de la plaisanterie de celui-ci. « En même temps, il est militant UMP », nous rétorquera-t-on d’un air entendu – argument décisif s’il en est.

Nous n’en sommes plus à ces détails, en réalité, comme le prouve l’hilarante ligne de défense du brave Brice (« Je parlais des Auvergnats »). Quand on y réfléchit plus de cinq minutes (laps de temps nécessaire pour passer le cap du simple mais exquis grotesque), cette déclaration prend une teinte surréaliste. Elle semble en effet impliquer que tous les participants à cette sinistre farce qu’on nomme « polémique », à commencer par le principal accusé, se sont mis d’accord sur le postulat suivant : si les phrases incriminées visaient bien les « immigrés » (là encore, il faut lire entre les lignes…), il y aurait indiscutablement « dérapage ». En d’autres termes, le bavardage (on n’ose dire « débat ») actuel ne saurait porter que sur la signification (bonne ou mauvaise) de la plaisanterie du ministre (c’est ce que l’on appelait, en d’autres temps, un procès d’intention) ; à aucun moment sur le droit qu’aurait quiconque de formuler ladite plaisanterie dans l’hypothèse même où celle-ci viserait bien les « immigrés ». C’est que ce droit est déjà devenu inimaginable, impensable.

La raison en est fort simple : nous savons bien, n’est-ce pas, où risque de nous mener ce genre d’humour. Mais si, vous savez : aux heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. Inutile de vous faire un dessin. On commence pété de rire ; on finit pétainiste. Les zygomatiques stigmatisent. Il est donc plus prudent de suivre quelques consignes de bon sens, par principe de précaution : faire de l’esprit, pourquoi pas, mais respectueusement ; se montrer ironique à la rigueur, mais sans ambiguïté mal placée ; jouer les sarcastiques éventuellement, mais avec tendresse et compassion ; être tolérant surtout, mais avec les gens qui pensent comme nous. À ce propos, l’accueil de Frédéric Mitterrand à la « fête de l’Huma » (haut lieu de la culture, comme chacun sait) sous les cris de « collabo » et d’ « enculé » était distrayant, à défaut d’être surprenant.

Il convient encore d’égrener l’éternel chapelet : l’histoire qui a tôt fait de se répéter ; le fascisme qui avance toujours masqué, etc. Le plus drôle, c’est que tout cela est parfaitement exact. Sans vouloir crier au loup à mon tour, je fais aujourd’hui le pari que si le fascisme devait faire son retour en Europe, il surgirait effectivement de l’endroit où on l’attend le moins. Quand, au nom du respect, de la tolérance et du mieux-vivre-ensemble, nos vertueuses ligues citoyennes, si jeunes, belles et fortes de leur « métissage », auront tari une à une toutes les sources de la critique et de l’humour, c’est-à-dire de la liberté, alors nous commencerons à rire pour de bon.

Je songe à ce tableau fascinant de Dali : Jeune vierge autosodomisée par les cornes de sa propre chasteté. Préparons la vaseline…


NB : Au moment de publier ce billet, je tombe, presque par hasard, sur un article intitulé : « Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux fêtera la fin du ramadan à Paris ». On n’a pas fini de rigoler !

lundi 7 septembre 2009

Certains missiés y'en a abrutis quand même


Des marqueurs, du papier, des cartouches d’encre, un agenda, de la bière… Ah ! J’allais oublier l’essentiel sur ma liste de rentrée : une dizaine d’exemplaires de Tintin au Congo à mettre en sûreté avant que l’album tel qu’on le connaît ne disparaisse de la circulation. Mon reporter fétiche a beau être fortiche, je doute qu’il soit de taille à lutter contre de Joyeux Turlurons tels que Bienvenu Mbutu Mondondo (l’étudiant congolais qui a porté plainte contre Moulinsart S.A. pour racisme) ou Patrick Lozès (« Noir, tout simplement, pharmacien et président du CRAN » - dixit son blog) qui exigent sur tous les tons qu’un « texte didactique » soit inséré en préambule de l’album incriminé. Tintincaca, en somme.

C’est qu’elle est bien huilée, la rhétorique philanthropique de ces espèces d’individous. Tellement qu’elle en dégouline, à vrai dire. À aucun moment il n’est question de mutilation ni de censure. Pensez-vous ! Il s’agit simplement d’avertir, d’expliquer, de remettre en contexte. Comprenez : de faire acte de pénitence. Je m’amuse à parcourir du regard ma bibliothèque, pour estimer combien d’œuvres seraient susceptibles de se voir affublées d’un « texte didactique ». Car il ne fait nul doute que la bande dessinée n’est qu’une première étape : la littérature suivra. Autant vous avouer qu’il y a du boulot. De quoi régler le problème du chômage, même. C’est qu’il en faudra, des bataillons de rédacteurs pédagogues, pour nous rappeler que « Rabelais était tout de même fort grivois », que « Flaubert était peut-être un peu misogyne » (« Rodolphe Boulanger de la Huchette est un vilain garçon. Ne faites pas la même chose chez vous ») ou encore que « Céline avait beau être un bon écrivain, il lui arrivait d’être antisémite ».

Elle a de quoi faire sourire, d’ailleurs, cette obsession apparente de la « remise en contexte », quand la tendance actuelle est précisément à la négation du contexte, c’est-à-dire de l’évolution des mentalités, c’est-à-dire de l’histoire. Rappeler, même du bout des lèvres, que « nos valeurs » n’ont pas toujours prévalu est devenu un crime de lèse-société. Gloire à l’anachronisme et à la rétroactivité, qui nous confortent dans notre légitimité durement acquise ! Un petit téléfilm sur la lutte féministe de Madame de Pompadour par-ci, une représentation d’Antigone en costumes nazis par-là…

À quand la réécriture des œuvres elles-mêmes pour les mettre « au goût du jour », pour faire « qu’elles répondent mieux aux problématiques de notre société » ? Nous y viendrons peut-être. Pour avoir la paix, Hergé n’avait pas attendu, lui : les pèlerins qui baragouinent petit-nègre dans l’édition originale de Coke en stock parlent, dans la version actuelle, un français d’académicien. De même, Tintin faisant la classe dans l’album congolais y donne aujourd’hui une sommaire leçon d'arithmétique (« Combien font deux plus deux ? »), venue remplacer la célèbre tirade : « Mes chers amis, je vais vous parler aujourd’hui de votre patrie, la Belgique !... » - autrement plus drôle.

Car comme le rappelle Michael Farr (Tintin : le rêve et la réalité), Tintin au Congo demeure de très loin l’album d’Hergé le plus populaire en Afrique. Ah, ces Africains ! Ils ont beau ne pas être de grands enfants rigolards, ils ne se rendent pas compte des conséquences dévastatrices de leur humour. Il faut mener la lutte à leur place car ils prennent tout à la légère. Ils s’esclaffent en découvrant comment les blancs les percevaient il y a 80 ans alors qu’ils devraient déjà être en procès. Vous avez dit cliché ?

lundi 20 juillet 2009

Tout en respectant aussi des choses qui peuvent exister

C’est plus fort qu’elle. Quand la gauche se ridiculise, ce qui devient une fâcheuse habitude, la droite – compatissante – ne peut se résoudre à la laisser se noyer seule et plonge donc à son tour, tête baissée. C’est presque une forme de courtoisie, un aveu de dette (« C’est le moins qu’on puisse faire… ») Et d’envoyer, par exemple, l’impayable Fadela Amara au 20 Heures de France 2, lundi 13 juin, pour commenter l’affaire Orelsan. Amis du parler-cash, accrochez-vous bien à vos slips…

NB : Je précise, pour les optimisto-sceptiques, que ma transcription est fidèle au mot près. Ceux qui liront ce billet suffisamment tôt pourront s’en convaincre en allant sur le site de France 2, où les JT sont archivés huit jours. C’est en pensant à tous les autres, malchanceux, que j’ai pris mon courage à deux doigts.

- Fadela Amara, les festivals ont raison d’être sur la réserve, de refuser cet artiste, ou bien est-ce que la liberté de création doit primer sur tout ?

- Écoutez je vais peut-être vous étonner mais moi je suis très très attachée à la liberté d’expression… mais je comprends parfaitement les organisations féministes ont eu raison de contester, nous sommes dans une démocratie, elles ont le droit de s’exprimer. C’est vrai que on mesure pas mais la chanson d’Orelsan – le rappeur, donc – est une chanson dans laquelle on parle des femmes mais d’une manière extrêmement abjecte. Quand on a dit ça, en réalite, on n’a pas dit grand-chose, pasque la vérite c’est que on est dans une posture artistique et je pense que on est dans des sujets qui prêtent à polémique. On est aussi dans une instrumentalisation politique pasque j’ai cru comprendre qu’y’a des pressions à la subvention qui sont faites…

- Là vous parlez de Ségolène Royal, la présidente de la région, qui avait dit : « Si vous programmez cet artiste, la subvention disparaîtra ». Elle n’a pas encore réagi, là-dessus, Ségolène Royal.

- Oui, moi je trouve que – si c’est vrai – je trouve que c’est grave, et puis de toute manière ça a pas lieu d’être dans notre pays. C’qui est intéressant en réalite c’est que le milieu du rap en réalite a très mauvaise presse globalement, pasque ce sont surtout des chanteurs qui revendiquent un certain ensemble de choses mais ils le revendiquent d’une certaine manière qui peut aussi, j’dirais, hérisser le poil – sinon plus – à beaucoup d’entre nous.

- Alors vous voulez les réunir. Pourquoi ?

- Moi j’ai souhaité les réunir autour d’une table ronde, mais ça date pas d’aujourd’hui, hein, ça date d’un bout de temps, y compris quand j’étais dans mes anciennes fonctions ; pasque je crois que justement le sujet s’y prête totalement et l’illustre parfaitement. Je crois qu’il faut à la fois respecter la liberté d’expression, la liberté artistique, auxquelles nous sommes tous très attachés… mais en même temps il faut trouver le point d’équilibre, donc cette manière de pouvoir exprimer un certain ensemble de choses en les dénonçant et en revendiquant… tout en respectant aussi des choses qui peuvent exister.

- Vous leur lancez une invitation ce soir ?

- Oui moi je lance une invitation. Je souhaiterais organiser une table ronde – tout le monde est le bienvenu – je crois qu’en fait c’est un rendez-vous qu’il faut pas manquer. Il faut que le milieu du rap et tous les rappeurs fassent la démonstration – et je pense particulièrement à un jeune rappeur qu’est très à la mode en ce moment mais qu’est un rappeur qui revient de loin aussi, qui s’appelle Larsen, qui a fait un excellent travail, sur lui-même aussi, qui est un vrai artiste qui dénonce beaucoup de choses, mais qui le denonce avec une intelligence extraordinaire. Je pense que ce serait intéressant que tous les rappeurs se réunissent, qu’y ratent pas ce rendez-vous, de faire la démonstration qu’on peut dénoncer, qu’on peut dire des choses, être contre l’injustice… et en même temps être dans un cadre qui respecte aussi les personnes.

- Pas d’interdiction mais des discussions ?

- Non j’pense pas qu’y faille interdire mais j’pense surtout qu’y faille plutôt, là, dialoguer.

jeudi 18 juin 2009

Le savoir-parler-moderne : leçon 1

– Tu bouges sur Paris, ce week-end ?
– Ouais. Je vais voir l’expo Warhol. C’était vraiment un Grand-Monsieur de l’art contemporain. Je suis assez fan.
– C’est clair. Quand tu vois ses photos, c’est que du bonheur.
– Et toi, tu bouges aussi ?
– Ce week-end, c’est juste pas possible. On a décidé de rester tranquilles avec ma copine. Ça devrait être plutôt pas mal.
– C’est du lourd ! Bon week-end, alors.
– Y’a pas d’souci.

dimanche 17 mai 2009

Sans titre

Cette balade dominicale s’annonçait pourtant sous les meilleurs auspices. Les bords de Loire par temps gris avec mon chien. C’était sans compter sur la présence en ces lieux d’un de ces « artistes du quotidien » dont notre époque a le secret. Un vrai de vrai, hein ! Pas du chiqué. Au programme, dolmens bariolés en plastique posés au bord du chemin, photocopies de portraits divers agrafées aux arbres, chaises bleues disposées en cercle les pieds dans l’eau. Et les promeneurs – pardon, le public – nullement choqué par cette pollution visuelle manifeste (à l’heure où l’écologie est pourtant reine). Ravi, même, de déambuler parmi ces horreurs et de faire d’une pierre deux coups : s’aérer et se cultiver. Café chaud offert en prime. Qui dit mieux ? Les Parisiens ont bien leurs pubs dans le métro ; pourquoi la Province n’aurait-elle pas droit à ses expositions in situ ? Égalité.

Pendant que mon toutou prenait un malin plaisir à chier à deux pas d’un totem sordide (il ne leur manque que la parole…), je m’imaginais le « flyer » qui aurait pu (et même dû) accompagner cette manifestation « bon enfant » :

Sensible au métissage des lieux et des couleurs, Urbain Labita investit les bords de la Loire où il explore avec finesse les notions de nature et de culture, d’extérieur et d’intérieur, de dit et de non-dit. « Mon but est avant tout de surprendre le spectateur, voire de le déranger, affirme-t-il non sans audace. Je veux tendre à mes semblables un miroir sans complaisance et dresser un portrait chirurgical de notre société de consommation ». Mais s’il joue avec l’art, c’est aussi pour mieux s’en jouer et le déjouer. « Je veux dédramatiser l’art ; le mettre à la portée du public ». De fait, c’est en circulant au milieu des œuvres, dont ils seront comme les respirations, que les spectateurs leur donneront un sens – le leur – et se réapproprieront leurs lieux de vie quotidienne. Café offert.

jeudi 30 avril 2009

Did you say nonsense?

The articulation of nonsense is the recognition of an anxious contradictory place between the human and the not-human, between sense and non-sense. In that sense, these 'senseless' signifiers pose the question of cultural choice in terms similar to the Lacanian vel, between being and meaning, between the subject and the other, 'neither the one nor the other'.
Sorry if I sound rude or unpleasant. No offence, but... whatever the FUCK does that mean???

lundi 23 mars 2009

Quand la fête capote

Les propos tenus par Benoît XVI sur l’usage du préservatif à la veille du « week-end Sidaction » étaient déjà suffisamment scandaleux. Mais il y a pire. En menant ma petite enquête, j’ai en effet été stupéfait d’apprendre que le pape était, sinon hostile à la contraception et à l’avortement, du moins assez réservé sur ces questions. Pas du genre, en tout cas, à chanter les louanges du planning familial de son quartier. Encore plus grave : à en croire certaines rumeurs tenaces, le saint-père n’aurait jamais participé à une Gay Pride et ne soutiendrait que mollement la cause mondiale du droit à l’homoparentalité. D’aucuns vont jusqu’à affirmer que, lors d’un dérapage nauséabond, il se serait prononcé contre le divorce ! Des allégations graves, qui restent à prouver, mais qui, si elles étaient avérées, ne manqueraient pas de soulever, à juste titre, l’indignation, l’incompréhension et l’écœurement.

Qu’il ne vienne pas s’étonner ensuite, ce grand Benêt, si les sondages lui sont aussi défavorables. Si, comme on nous l’explique à la radio, chiffres à l’appui, sa « cote de popularité » auprès de la « base » des ouailles « dégringole ». Si certains fidèles songent même à « se désolidariser » pour aller voir plutôt du côté du bouddhisme. On l’aura prévenu ! Non pas qu’on soit contre les religions, bien sûr. Mais celle que nous impose ce pape-là n’est ni festive ni solidaire. Elle ne fleure pas bon la citoyenneté républicaine laïque.

En résumé, l’évêque de Rome (dont on pourrait par ailleurs s’étonner qu’en 2009, dans un état de droit(s), il ne soit toujours pas élu au suffrage universel) devra « revoir sa copie » et envoyer des signaux forts de sa bonne volonté s’il veut faire oublier ses errements rétrogrades et retrouver quelque crédit aux yeux de l’opinion. Faire de « Sortez couverts » la nouvelle devise du Vatican serait un premier pas…

samedi 14 février 2009

Toyotattitude

Vous l’avez vue, celle-là ?
Du grand art, n’est-ce pas ? Ah, il y vont fort, les saligauds ! Surtout à l’heure du repas. C’est pas facile de garder ce qu’on vient de boulotter en voyant ça. Remontées acides assurées. Tu parles d’écologie !

Quand donc se décidera-t-on à euthanasier les esprits pervers qui pondent ces horreurs ? Ils sont dangereux ! Peut-être pas tout à fait autant que les Joyeux Turlurons qui avaient suggéré la création d’un « Ministère du Mieux-Vivre-Ensemble », mais c’est kif-kif.

Je songe à un conseil donné par l’humoriste américain Bill Hicks à son public, lors d’un de ses spectacles : « If anyone here is in advertising or marketing, kill yourself! »

Bah ne vous gênez surtout pas, les gars. Et comptez sur moi pour m’assurer que le corbillard qui vous emmènera au trou humanise votre immobilité.

mardi 10 février 2009

Fessebook

Je sais, je sais… Le jeu de mots est facile et il a dû être fait un bon million de fois, mais c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit. D’ailleurs, j’ai hésité entre ça et « Un quiz qui ne manque pas de selles », alors soyez gentils, considérez « Fessebook » comme un pis-aller et basta.

Je n’ai rien contre Facebook. J’y suis inscrit. Comme je le disais l’autre jour à un collègue et néanmoins ami, j’ai déjà plus de mal à comprendre les fonctionnaires de la révolte qui font mine de s’offusquer de l’établissement d’un fichier de renseignement comme Edvige par l’État français mais ne voient par ailleurs aucun inconvénient à révéler leurs orientations politiques, religieuses et sexuelles sur le site d’une colossale entreprise privée américaine ou à y publier des photos peu glorieuses (« Lol, gt en tr1 de décapsulé 1 bouteille de bièR avec lé orteils dans une mar de vomi !!! ») Mais fermons la parenthèse.

Tout à l’heure, en jetant un coup d’œil sur la page d’accueil dudit site, j’eus la joie d’apprendre que l’un de mes Facebook friends avait just taken the quiz : « Quel caca êtes-vous ? » (De mémoire, la réponse était : « Caca bariolé » – tout un symbole). Et l’on me proposait gaiement de take this quiz à mon tour, pour voir un peu.

À force de naviguer sur la toile, je pensais m’être à peu près immunisé contre le second degré à outrance (d’autant moins corrosif qu’il est souvent désamorcé à grand renfort de smileys), mais là, je vous avoue que j’ai eu un petit choc.

dimanche 1 février 2009

Plus ego les uns que les autres

Que les masochistes qui croyaient révolue l’époque de l’idéologie Benetton et s’en attristaient se rassurent bien vite : elle se porte comme un charme