Mais comment ai-je pu arriver si longtemps après la bataille ?! Le premier tome du Peter Pan de Régis Loisel est sorti il y a tout juste 20 ans, et je ne l'ai lu que ce week-end. Ignorance ? Même pas ! Plusieurs personnes dignes de confiance m'en chantaient les louanges depuis des lustres, mais j'avais envers cette BD l'une de ces réticences parfaitement irrationnelles qui vous font remettre à plus tard telle ou telle lecture pendant des années, avant de finalement vous précipiter dessus, sur un coup de tête non moins irrationnel. Inconscience, donc. Folie en partie irréparable. Parce que, contrairement au mythe, on ne "retombe pas en enfance" en lisant un chef d'oeuvre sur l'enfance, n'est-ce pas ? Et puis quoi, encore ? La plupart du temps, il faut se contenter de la jouissance masochiste de celui qui mesure ce qu'il a irrémédiablement perdu. Et c'est déjà beau. L'exception à cette règle aussi cruelle que banale ? La relecture des oeuvres que l'on a découvertes lorsqu'on était soi-même enfant. En se souvenant des rêves, des peurs, des fantasmes qu'elles engendraient en nous, on retrace tant bien que mal le chemin, comme le Petit Poucet avec ses cailloux. L'illusion ne dure que le temps de tourner les pages, mais alors on plane allègrement, accro à cette drogue du souvenir. Et là, j'avoue que j'aurais bien aimé que la fée Clochette me jette un peu de sa poudre... Je dirais même plus...
Qui êtes-vous ?
dimanche 28 mars 2010
Better late than Neverland
Mais comment ai-je pu arriver si longtemps après la bataille ?! Le premier tome du Peter Pan de Régis Loisel est sorti il y a tout juste 20 ans, et je ne l'ai lu que ce week-end. Ignorance ? Même pas ! Plusieurs personnes dignes de confiance m'en chantaient les louanges depuis des lustres, mais j'avais envers cette BD l'une de ces réticences parfaitement irrationnelles qui vous font remettre à plus tard telle ou telle lecture pendant des années, avant de finalement vous précipiter dessus, sur un coup de tête non moins irrationnel. Inconscience, donc. Folie en partie irréparable. Parce que, contrairement au mythe, on ne "retombe pas en enfance" en lisant un chef d'oeuvre sur l'enfance, n'est-ce pas ? Et puis quoi, encore ? La plupart du temps, il faut se contenter de la jouissance masochiste de celui qui mesure ce qu'il a irrémédiablement perdu. Et c'est déjà beau. L'exception à cette règle aussi cruelle que banale ? La relecture des oeuvres que l'on a découvertes lorsqu'on était soi-même enfant. En se souvenant des rêves, des peurs, des fantasmes qu'elles engendraient en nous, on retrace tant bien que mal le chemin, comme le Petit Poucet avec ses cailloux. L'illusion ne dure que le temps de tourner les pages, mais alors on plane allègrement, accro à cette drogue du souvenir. Et là, j'avoue que j'aurais bien aimé que la fée Clochette me jette un peu de sa poudre...
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Bulles
mercredi 24 mars 2010
A l'ouest, rien de nouveau
Du déni au délit de réalité, les censeurs-tolérants continuent leur petit bonhomme de chemin, guillerets, sûrs de leur bon droit. Dans ce désert-là, les oasis se font rares...
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Merdre
lundi 15 mars 2010
La Rafle : vous faites des tarifs de groupe ?
Sortie de La Rafle. J'avais du mal à cerner ce qui me mettait mal à l'aise dans la façon dont les médias parlent de ce film, que je n'ai d'ailleurs pas vu (ni ne compte voir). "Devoir de mémoire" par-ci, "témoignage utile aux jeunes générations" par-là ; le tout délivré "avec beaucoup d'émotion"... Comme dirait Columbo, y'avait un truc qui me chiffonnait. Et puis samedi soir, Ruquier a vendu la mèche : "C'est vrai qu'il y avait eu quelques documentaires sur le sujet, mais là c'est un vrai film". Euh ?... C'est pas l'inverse, normalement ?
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Rassis-ocination
dimanche 14 mars 2010
Ni la cheminée de faux marbre
Ni la peur de mourir un jour
Dans quelque ville frontalière
Sans tenir la main d'un amour
Ne les arrête sur la terre
Les Nomades Et quand on voit sous les platanes
Passer les mulets et les ânes
On a beau être des profanes
On voudrait suivre la caravane
Des Nomades
Dans quelque ville frontalière
Sans tenir la main d'un amour
Ne les arrête sur la terre
Les Nomades Et quand on voit sous les platanes
Passer les mulets et les ânes
On a beau être des profanes
On voudrait suivre la caravane
Des Nomades
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Vocalises
mercredi 3 mars 2010
Au pays de Denis, Comme dans tous les pays, Y'a des méchants et des gentils...

Pour deviner l'ampleur de l'anachronisme dans lequel nous barbotons quotidiennement, pour prendre la mesure de l'escroquerie idéologique bon marché qu'est devenue la convocation du passé et de ses figures, rien de tel qu'un petit bain de jouvence dans les sources primaires. L'eau qui en jaillit nous semble acide, forcément. Elle pique un peu les yeux et ne fleure pas toujours le Chanel n°5 ni la "France-des-Lumières". C'est de l'histoire, quoi...
Lorsqu'on s'est dit à soi-même, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui connoîtra le mieux une horloge sera l'ouvrier le plus capable de la raccommoder, il semble qu'on soit forcé de conclure, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui entendra le mieux le corps humain, sera le plus en état d'en écarter les maladies, & que le meilleur anatomiste sera certainement le meilleur medecin. C'étoit aussi l'avis de ceux d'entre les medecins qu'on appelloit dogmatiques. Il faut, disoient-ils, ouvrir des cadavres, parcourir les visceres, fouiller dans les entrailles, étudier l'animal jusque dans ses parties les plus insensibles ; & l'on ne peut trop loüer le courage d'Hérophile & d'Erasistrate, qui recevoient les malfaiteurs & qui les disséquoient tout vifs ; & la sagesse des princes qui les leur abandonnoient, & qui sacrifioient un petit nombre de méchans à la conservation d'une multitude d'innocens de tout état, de tout âge, & dans tous les siecles à venir. (…) Celse (…) permit à l'anatomiste d'ouvrir des cadavres, mais non d'égorger des hommes : il voulut qu'on attendît du tems & de la pratique les connoissances anatomiques que l'inspection du cadavre ne pourroit donner ; méthode lente, mais plus humaine, dit-on, que celle d'Hérophile & d'Erasistrate. Me seroit-il permis d'exposer ce que je pense sur l'emploi qu'on fait ici du terme d'humanité ? Qu'est ce que l'humanité ? sinon une disposition habituelle de coeur à employer nos facultés à l'avantage du genre humain. Cela supposé, qu'a d'inhumain la dissection d'un méchant ? Puisque vous donnez le nom d'inhumain au méchant qu'on disseque, parce qu'il a tourné contre ses semblables des facultés qu'il devoit employer à leur avantage, comment appellerez-vous l'Erasistrate, qui surmontant sa répugnance en faveur du genre humain, cherche dans les entrailles du criminel des lumieres utiles ? Quelle différence mettez-vous entre délivrer de la pierre un honnête homme, & dissequer un méchant ? l'appareil est le même de part & d'autre. Mais ce n'est pas dans l'appareil des actions, c'est dans leur objet, c'est dans leurs suites, qu'il faut prendre les notions véritables des vices & des vertus. Je ne voudrois être ni chirurgien, ni anatomiste, mais c'est en moi pusillanimité ; & je souhaiterois que ce fût l'usage parmi nous d'abandonner à ceux de cette profession les criminels à dissequer, & qu'ils en eussent le courage. De quelque maniere qu'on considere la mort d'un méchant, elle seroit bien autant utile à la société au milieu d'un amphithéatre que sur un échafaud ; & ce supplice seroit tout au moins aussi redoutable qu'un autre. Mais il y auroit un moyen de ménager le spectateur, l'anatomiste & le patient : le spectateur & l'anatomiste, en n'essayant sur le patient que des opérations utiles, & dont les suites ne seroient pas évidemment funestes : le patient, en ne le confiant qu'aux hommes les plus éclairés, & en lui accordant la vie, s'il réchappoit de l'opération particuliere qu'on auroit tentée sur lui. L'Anatomie, la Medecine & la Chirurgie ne trouveroient-elles pas aussi leur avantage dans cette condition ? & n'y auroit-il pas des occasions où l'on auroit plus de lumieres à attendre des suites d'une opération, que de l'opération même ? Quant aux criminels, il n'y en a guere qui ne préférassent une opération douloureuse à une mort certaine ; & qui, plûtôt que d'être exécutés, ne se soûmissent, soit à l'injection des liqueurs dans le sang, soit à la transfusion de ce fluide, & ne se laissassent ou amputer la cuisse dans l'articulation, ou extirper la rate, ou enlever quelque portion du cerveau, ou lier les arteres mammaires & épigastriques, ou scier une portion de deux ou trois côtes, ou couper un intestin dont on insinueroit la partie supérieure dans l'inférieure, ou ouvrir l'oesophage, ou lier les vaisseaux spermatiques, sans y comprendre le nerf, ou essayer quelqu'autre opération sur quelque viscere. Denis Diderot, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (extraits de l'article "Anatomie")
Lorsqu'on s'est dit à soi-même, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui connoîtra le mieux une horloge sera l'ouvrier le plus capable de la raccommoder, il semble qu'on soit forcé de conclure, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui entendra le mieux le corps humain, sera le plus en état d'en écarter les maladies, & que le meilleur anatomiste sera certainement le meilleur medecin. C'étoit aussi l'avis de ceux d'entre les medecins qu'on appelloit dogmatiques. Il faut, disoient-ils, ouvrir des cadavres, parcourir les visceres, fouiller dans les entrailles, étudier l'animal jusque dans ses parties les plus insensibles ; & l'on ne peut trop loüer le courage d'Hérophile & d'Erasistrate, qui recevoient les malfaiteurs & qui les disséquoient tout vifs ; & la sagesse des princes qui les leur abandonnoient, & qui sacrifioient un petit nombre de méchans à la conservation d'une multitude d'innocens de tout état, de tout âge, & dans tous les siecles à venir. (…) Celse (…) permit à l'anatomiste d'ouvrir des cadavres, mais non d'égorger des hommes : il voulut qu'on attendît du tems & de la pratique les connoissances anatomiques que l'inspection du cadavre ne pourroit donner ; méthode lente, mais plus humaine, dit-on, que celle d'Hérophile & d'Erasistrate. Me seroit-il permis d'exposer ce que je pense sur l'emploi qu'on fait ici du terme d'humanité ? Qu'est ce que l'humanité ? sinon une disposition habituelle de coeur à employer nos facultés à l'avantage du genre humain. Cela supposé, qu'a d'inhumain la dissection d'un méchant ? Puisque vous donnez le nom d'inhumain au méchant qu'on disseque, parce qu'il a tourné contre ses semblables des facultés qu'il devoit employer à leur avantage, comment appellerez-vous l'Erasistrate, qui surmontant sa répugnance en faveur du genre humain, cherche dans les entrailles du criminel des lumieres utiles ? Quelle différence mettez-vous entre délivrer de la pierre un honnête homme, & dissequer un méchant ? l'appareil est le même de part & d'autre. Mais ce n'est pas dans l'appareil des actions, c'est dans leur objet, c'est dans leurs suites, qu'il faut prendre les notions véritables des vices & des vertus. Je ne voudrois être ni chirurgien, ni anatomiste, mais c'est en moi pusillanimité ; & je souhaiterois que ce fût l'usage parmi nous d'abandonner à ceux de cette profession les criminels à dissequer, & qu'ils en eussent le courage. De quelque maniere qu'on considere la mort d'un méchant, elle seroit bien autant utile à la société au milieu d'un amphithéatre que sur un échafaud ; & ce supplice seroit tout au moins aussi redoutable qu'un autre. Mais il y auroit un moyen de ménager le spectateur, l'anatomiste & le patient : le spectateur & l'anatomiste, en n'essayant sur le patient que des opérations utiles, & dont les suites ne seroient pas évidemment funestes : le patient, en ne le confiant qu'aux hommes les plus éclairés, & en lui accordant la vie, s'il réchappoit de l'opération particuliere qu'on auroit tentée sur lui. L'Anatomie, la Medecine & la Chirurgie ne trouveroient-elles pas aussi leur avantage dans cette condition ? & n'y auroit-il pas des occasions où l'on auroit plus de lumieres à attendre des suites d'une opération, que de l'opération même ? Quant aux criminels, il n'y en a guere qui ne préférassent une opération douloureuse à une mort certaine ; & qui, plûtôt que d'être exécutés, ne se soûmissent, soit à l'injection des liqueurs dans le sang, soit à la transfusion de ce fluide, & ne se laissassent ou amputer la cuisse dans l'articulation, ou extirper la rate, ou enlever quelque portion du cerveau, ou lier les arteres mammaires & épigastriques, ou scier une portion de deux ou trois côtes, ou couper un intestin dont on insinueroit la partie supérieure dans l'inférieure, ou ouvrir l'oesophage, ou lier les vaisseaux spermatiques, sans y comprendre le nerf, ou essayer quelqu'autre opération sur quelque viscere. Denis Diderot, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (extraits de l'article "Anatomie")
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Brut de livre
dimanche 28 février 2010
Apocalypse : à lire now !
Très sympathique découverte BD faite pas plus tard qu'hier : le premier épisode ("Fuite mortelle") d'Apocalypse sur Carson City, par Guillaume Griffon. Et pour griffer, il griffe bien, l'animal ! Belles caricatures, personnages tous plus hideux et difformes les uns que les autres, dans un noir et blanc maîtrisé à la perfection. Ce premier opus - d'un genre somme toute peu développé en BD : le gore humoristique - s'organise en trois chapitres dont on ne saisit le lien que dans les toutes dernières pages du récit (juste avant un original "générique de fin"). Pour chaque nouveau personnage, un arrêt sur image propose une brève fiche de présentation, indiquant entre autres, l'espérance de vie du bougre ("trois pages" pour l'un d'eux...) L'histoire ? Trois frères braqueurs déjantés se retrouvent au mauvais endroit (Carson City, trou paumé en plein Nevada) au mauvais moment (un virus issu d'expériences mystérieuses transforme les habitants en morts-vivants). Bref, on l'aura compris, c'est du Tarantino en BD. La quatrième de couverture résume d'ailleurs tout : « Un savant fou, des gangsters allumés, un shériff vengeur, une serveuse rebelle, un cuistot bagarreur, un général orgueilleux… et des zombies mangeurs de cerveaux ! » Avis aux amateurs... et je sais qu'il y en a !
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Bulles
jeudi 25 février 2010
Suck Satan's cock (bis)
Ce qu'il y a de pratique avec les pubs, c'est qu'on peut leur faire dire n'importe quoi.
C'est même le principe...
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Clichés
vendredi 12 février 2010
Une croquignole ?
Elle lui dit, d'un p'tit air doux :
"Ben mon cher monsieur si vous
N'aimez pas les gâteaux secs
Mangez donc d'la m*** avec..."
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Vocalises
mercredi 10 février 2010
vendredi 5 février 2010
Les nazillons ont toujours raison
Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) a publié il y a quelques jours un indigent et indigeste rapport intitulé "Internet, enjeu de la lutte contre le racisme". On pourrait bien entendu - coup de folie - se demander en vertu de quelle lubie internet devrait être l'"enjeu" de quelque "lutte" que ce soit. Du reste, tant qu'on y est, on pourrait aussi s'interroger sur la pertinence d'un concept tel que "l'amitié entre les peuples". En quoi cette amitié serait-elle nécessaire, souhaitable, urgente ? Chacun n'est-il pas libre de choisir ses propres amis, en fonction d'affinités qu'il n'a pas à justifier ? Ne suffit-il pas d'être cordial avec les autres ? D'ailleurs, tous ces "peuples" qui doivent, au plus vite, devenir amis, qui sont-ils ? Fait-on référence aux rapports qu'entretiennent les citoyens français avec les citoyens d'autres pays ? Dans ce cas, je répète ma question : pourquoi faudrait-il que ces rapports soient "amicaux" ? Parle-t-on des rapports qu'entretiennent les citoyens français, de différentes origines, entre eux ? Mais je croyais qu'il était formellement interdit de faire la moindre distinction (puisqu'aujourd'hui toute distinction est toujours une discrimination) entre de telles catégories de personnes, dont le MRAP et diverses autres "assoss" passent par ailleurs leur temps à nous expliquer qu'elles n'existent pas. Qu'importe. Pour en revenir au rapport précité, il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie la prose "amicale" du MRAP pour comprendre ce qu'est la bêtise, mais alors la vraie, la folle furieuse. Celle du tolérant envers ceux qui pensent comme lui, du facho antifasciste, de l'innocent délateur, du pénalophile illégitime, du borné large d'esprit, du puritain pourfendeur de tabous, du vertueux hystérique. La folie du philanthrope, en somme. D'entrée de jeu, un avertissement donne le ton :
"Important : comme le précise le titre, la mention d'un site dans cette étude ne signifie pas qu'il soit considéré par le MRAP comme raciste, quel que soit l'avis du MRAP sur son contenu. Par ailleurs, son absence ne vaut pas brevet de respectabilité."
Rigorisme glacial, satisfaction, arrogance. Pas d'erreur, on est à la bonne adresse. S'ensuit un pénible catalogue de sites jugés, pêle-mêle, "royalistes", "réactionnaires", "islamophobes", "anti-communautaristes", etc. Les noms fusent. Un lien par-ci, une calomnie par-là. Au détour d'une page, j'apprends par le plus grand hasard que certains des blogs que je suis sont classés "droite extrême", ce que je m'étonne fort de ne jamais avoir suspecté en plus de deux ans de lecture assidue. Décidément, ils sont partout ces racistes. Heureusement que la liste du MRAP est là, pour nous apprendre à les reconnaître. Et quelle liste ! Un vrai fourre-tout ! Les plus minables adorateurs du Troisième Reich et les brutes les plus avinées y côtoient, à la bonne franquette, les auteurs de blogs dont le seul tort est de ne pas applaudir à tout rompre l'idéologie dominante. La logique de ce nivellement ? Les premiers citent abondamment les seconds. Le rapport s'appuie en effet sur une hallucinante méthodologie de flicage des sites fondée sur le décompte des liens entrants et sortants. En d'autres termes, si un site, en lui-même "irréprochable", est mis en lien par d'autres sites ouvertement racistes, ce site devient automatiquement suspect de "manier le sous-entendu raciste", dixit le MRAP, qui, certes, connaît son affaire lorsqu'il s'agit de sous-entendre. Les dictatures historiques jugeaient les dissidents à leurs lectures ; les MRAP les juge aujourd'hui à leurs lecteurs. Degré zéro de la pensée. Vérité statistique qui épargne l'effort d'une lecture critique. Il n'y a pas de fumée sans feu, après tout, n'est-ce pas ? Et puis si les néonazis étaient des abrutis incapables de lire intelligemment ni de comprendre un texte, ça se saurait, non ? Gare à vous s'ils vous citent, donc, car c'est bien connu : les nazillons ont toujours raison. Fatalement, avec une pareille méthodologie, il faut s'attendre à ce que le travail d'analyse du rapport soit réduit à la portion congrue. C'est faire preuve d'encore trop d'optimisme. Hormis le catalogage brouillon des sites incriminés (citations à l'appui pour les cas les plus caricaturaux, histoire de laisser entendre que tous sont à mettre sur le même plan d'ignominie), c'est le grand désert. Il semble d'ailleurs (qui s'en étonnerait ?) que les auteurs du rapport aient trouvé du mal à faire rentrer tout le monde dans leurs petites cases (du moins celles qu'il leur reste). Ainsi, à propos d'Alain Soral, se contente-t-on de nous signaler qu'"il aurait pu être classé avec les rouge-brun, notamment à cause de son parcours, de la gauche à l'extrême-droite". On est ravi de l'apprendre. Du côté des dérapages, en revanche, la pêche est plutôt mince : "Pas de contenu explicitement raciste dans les pages vues, mais des proximités idéologiques à signaler". S'ensuit une liste de noms d'individus avec qui, pour le coup, l'amitié est tout à fait déconseillée par le MRAP. Mais c'est sans doute avec l'évocation de l'excellent Renaud Camus qu'on touche le fond de la fosse d'aisance : "Ecrivain contesté pour des propos jugés antisémites" (c'est moi qui souligne), Camus est accusé d'avoir publié un "texte d'inspiration racisante et ethno-différentialiste" [sic] que je vous invite d'ailleurs à consulter si cela vous intéresse. Conclusion grandiose de ce rapport de 154 pages (tout de même) ? Elle tient en huit lignes qui valent le détour et se passent de commentaires : "Les moyens limités offerts par la loi aux antiracistes sont sous-utilisés par manque de temps, d'outils techniques de traitement automatique des données. Cet obstacle franchi, il y aura probablement surcharge des tribunaux devant les plaintes déposées. Il est dès aujourd'hui possible de faire un signalement par jour, ou une mise en demeure de retirer un contenu. Le mouvement antiraciste doit cependant relever ce défi, le MRAP peut se développer et se renforcer sur ce thème, en faisant appel à des personnes qui ne sont pas forcément attirées par les formes classiques du militantisme". Vous avez bien reçu le message ? En chasse, citoyens !
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Merdre
dimanche 31 janvier 2010
Happy blogday!

Un an déjà !
Le festival d'Angoulême, qui avait lieu ce week-end, et dont la précédente édition avait été le sujet de mon premier billet, me rappelle que le temps passe vite, surtout quand on raconte des conneries.
Merci à tous pour vos encouragements et à bientôt autour d'un verre, pour fêter ça ou autre chose...
Le festival d'Angoulême, qui avait lieu ce week-end, et dont la précédente édition avait été le sujet de mon premier billet, me rappelle que le temps passe vite, surtout quand on raconte des conneries.
Merci à tous pour vos encouragements et à bientôt autour d'un verre, pour fêter ça ou autre chose...
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Croquis gnôlesque
vendredi 29 janvier 2010
Eu égard à la présente en huit
Merci mille fois à G*** de m'avoir fait découvrir un site qui va grandement faciliter la rédaction de ma thèse.
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Humou' je p'écise
vendredi 22 janvier 2010
Dans quel monde on vit ? Bah écoutez...
Pour les amateurs de petites crottes matinales bien moulées qui ont l'avantage de ne pas sentir mauvais pour un sou, en voici un magnifique spécimen. Extrait pour les impatients :
Trois gamins [d'une vingtaine d'années, ndlr] sur un scooter volé tentent d'échapper à la police, qui est à leurs trousses. Poursuite, dérapage, l'un meurt, les deux autres sont toujours entre la vie et la mort. De là où elle est, je suis sûr que Super Nanny grommelle : "D'accord, c'est pas bien de rouler à trois sur un scooter volé, sans casque, sans papiers, trop vite. D'accord. Mais comment ça se fait que dans ce pays on ait si peur de la police qu'on en finit par mourir de trouille ?"
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Collier de perles
jeudi 21 janvier 2010
I want my rock stars dead!
Quand Bill Hicks parle de musique, les pendules sont remises à l'heure...
Cause you know, if you play New Kids on the Block albums backwards... they sound better, you know. "Oh come on, Bill, they're the New Kids, don't pick on them! They're so good and they're so clean-cut and they're such a good image for the children..." Fuck that! When did mediocrity and banality become a good image for your children? I want my children to listen to people who fucking ROCKED! I don't care if they died in puddles of their own vomit! I want someone who plays from his FUCKING HEART! "Mommy, mommy, the man that Bill told me to listen to has a blood bubble on his nose!" SHUT UP AND LISTEN TO HIM PLAY! The New Kids! "Hi! We're the New Kids and we're so good and clean-cut! We're so clean-cut!" Sieg Heil! Heil! Heil! A good clean country... Heil! Heil! Heil! FUCK THAT! I WANT MY ROCK STARS DEAD! I want them to fucking play with one hand and put a gun in their other fucking hand and go "I HOPE YOU ENJOY THE SHOW!" BANG! YEEEEEEES! YEEEEEEES! PLAY FROM YOUR FUCKING HEART!... ... ... I am available for children's parties, by the way...
Drugs have done good things for us and if you don’t believe they have, do me a favour – take all your albums, tapes, CDs and burn them cause you know what? The musicians who made that great music that has enhanced your lives throughout the years… Reeeeeal fucking high! Oooooooookay! And these other musicians today who don't do drugs and in fact speak out against them? Boy, do they suck! What a coincidence! Ball-less, soulless, spiritless corporate little bitches, suckers of Satan's cock, each and every one of them! "We're rock stars against drugs cause that's what the President wants." Aw, suck Satan's cock! That's what we want, isn't it, government-approved rock and roll? "Whooh, we're partying now! We're rock stars who do Pepsi Cola commercials!" Suck Satan's cock! Put that big scaly pecker down your gullet! Drink that black worm jism! Drink it! Fill your little bellies! Ha ha ha! Send in Vanilla Ice. Hello Vanilla. Says here on your application, you have no talent, and yet you want to be a star… I think something can be arranged. Suck Satan's cock! I will lower the standards of the earth. I will put 56 channels of American Gladiators on every TV. I will put all the money in the hands of 14-year-old girls. They will think you are charismatic, deep and edgy. Oooooooooooh!... … Send in MC Hammer on your way out… Hello Hammer. Back again, huh?
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Anglicisme,
Vidéos (et des bas),
Vocalises
mardi 12 janvier 2010
lundi 11 janvier 2010
And then the people came along
[I]n the beginning when the world was young there were a great many thoughts but no such thing as a truth. Man made the truths himself and each truth was a composite of a great many vague thoughts. All about in the world were the truths and they were all beautiful. The old man had listed hundreds of the truths in his book. I will not try to tell you of all of them. There was the truth of virginity and the truth of passion, the truth of wealth and of poverty, of thrift and of profligacy, of carelessness and abandon. Hundreds and hundreds were the truths and they were all beautiful. And then the people came along. Each as he appeared snatched up one of the truths and some who were quite strong snatched up a dozen of them. It was the truths that made the people grotesques. The old man had quite an elaborate theory concerning the matter. It was his notion that the moment one of the people took one of the truths to himself, called it his truth, and tried to live his life by it, he became a grotesque and the truth he embraced became a falsehood. You can see for yourself how the old man, who had spent all of his life writing and was filled with words, would write hundreds of pages concerning this matter. The subject would become so big in his mind that he himself would be in danger of becoming a grotesque. He didn't, I suppose, for the same reason that he never published the book. It was the young thing inside him that saved the old man. Sherwood Anderson, "The Book of the Grotesque", Winesburg, Ohio, 1919
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Anglicisme,
Brut de livre
mardi 5 janvier 2010
Elle joue aux boules depuis 30 ans
Groland peut bien aller se faire voir ailleurs : voici une très grande leçon de modernisme. Comme d'habitude, il va de soi que toute distance critique, toute forme de lucidité, toute velléité de rire - bref, toute manifestation d'intolérance - est à réprimer sur-le-champ.
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Collier de perles,
Vidéos (et des bas)
samedi 2 janvier 2010
Babxter

Travailler à la télévision n'avait pas seulement permis à Robert de sortir de l'anonymat. Cela avait aussi donné un sens à sa vie.
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Croquis gnôlesque
mardi 29 décembre 2009
Dessins burlesques sans bulles

Anglais ou non, l'humour dit "absurde" n'est pas ma tasse de thé. Je dirais même qu'il suffit qu'on me vante les mérites de telle ou telle oeuvre "décalée" ou "burlesque" pour que je sorte mon revolver. Question d'expérience : j'ai appris à mes dépens que ces adjectifs n'étaient, la plupart du temps, que des cache-misère, voire des alibis donnant à des gus dépourvus du moindre talent d'écriture le droit d'emmerder le monde. Peu importe.
J'ai donc craint le pire lorsque, en déballant mes cadeaux, je tombai sur Le Monde de Glen Baxter. A en croire la quatrième de couverture, en effet, ce recueil de dessins humoristiques devait me plonger "dans un univers incongru voire délirant, anachronique et surréaliste". Aïe ! Tout ça à la fois ? Je pris cependant mon courage - et ledit recueil - à deux mains et en entamai la lecture.
Résultat : j'ai ri à gorge déployée du début à la fin ! Le ressort inventé par Baxter est aussi simple qu'efficace : il s'agit d'apposer des légendes effectivement décalées à des dessins dont le style parodie celui des romans éducatifs pour adolescents des années 30-40. Celui qui illustre ce billet est mon préféré.
J'ai donc craint le pire lorsque, en déballant mes cadeaux, je tombai sur Le Monde de Glen Baxter. A en croire la quatrième de couverture, en effet, ce recueil de dessins humoristiques devait me plonger "dans un univers incongru voire délirant, anachronique et surréaliste". Aïe ! Tout ça à la fois ? Je pris cependant mon courage - et ledit recueil - à deux mains et en entamai la lecture.
Résultat : j'ai ri à gorge déployée du début à la fin ! Le ressort inventé par Baxter est aussi simple qu'efficace : il s'agit d'apposer des légendes effectivement décalées à des dessins dont le style parodie celui des romans éducatifs pour adolescents des années 30-40. Celui qui illustre ce billet est mon préféré.
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Bulles
samedi 26 décembre 2009
L'esprit de Noël


Deux pépites en deux jours, la moisson fut bonne :
Dementia 13, l'un des premiers longs-métrages de Francis Ford Coppola (1963). L'un de ces films qui s'avèrent d'autant plus charmants qu'ils sont bourrés de maladresses. La seule surprise que nous réserve celui-ci est que tout s'y déroule exactement comme prévu... Une jeune blonde que la vertu n'étouffe pas, un huis-clos familial dans une sinistre propriété irlandaise, une petite soeur morte noyée dans un étang des années auparavant, et roulez jeunesse ! Un mélange d'Edgar Poe (le film précédent de Coppola était d'ailleurs une adaptation d'un de ses contes) et de Psychose (sorti trois ans plus tôt).
Boulevard de la mort (Death Proof, 2007), de Quentin Tarantino, rappelle quant à lui discrètement le Duel de Spielberg, moins le scénario en ligne droite, puisqu'ici tout n'est que détours délirants. Tarantino ne nous donne le temps de connaître les héroïnes de la première moitié du film que pour mieux les écrabouiller dans une scène de collision frontale mémorable. Les rôles s'inversent dans la seconde moitié, où le chasseur - joué par Kurt Russell - cascadeur ringard et psychopathe à ses heures perdues, devient la proie. Réalisation soignée, dialogues cultes, juste ce qu'il faut de cul. Mais quel dommage que le DVD ne contienne pas ces chefs-d'oeuvre que sont les fausses bandes-annonces Grindhouse.
Dementia 13, l'un des premiers longs-métrages de Francis Ford Coppola (1963). L'un de ces films qui s'avèrent d'autant plus charmants qu'ils sont bourrés de maladresses. La seule surprise que nous réserve celui-ci est que tout s'y déroule exactement comme prévu... Une jeune blonde que la vertu n'étouffe pas, un huis-clos familial dans une sinistre propriété irlandaise, une petite soeur morte noyée dans un étang des années auparavant, et roulez jeunesse ! Un mélange d'Edgar Poe (le film précédent de Coppola était d'ailleurs une adaptation d'un de ses contes) et de Psychose (sorti trois ans plus tôt).
Boulevard de la mort (Death Proof, 2007), de Quentin Tarantino, rappelle quant à lui discrètement le Duel de Spielberg, moins le scénario en ligne droite, puisqu'ici tout n'est que détours délirants. Tarantino ne nous donne le temps de connaître les héroïnes de la première moitié du film que pour mieux les écrabouiller dans une scène de collision frontale mémorable. Les rôles s'inversent dans la seconde moitié, où le chasseur - joué par Kurt Russell - cascadeur ringard et psychopathe à ses heures perdues, devient la proie. Réalisation soignée, dialogues cultes, juste ce qu'il faut de cul. Mais quel dommage que le DVD ne contienne pas ces chefs-d'oeuvre que sont les fausses bandes-annonces Grindhouse.
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lundi 21 décembre 2009
Tchouk-tchouk-nougat
J'adore écouter la radio et regarder les JT pendant les vacances de Noël. Quand la météo s'en mêle, il tombe souvent autant de perles que de flocons. Pendant un quart de seconde, quand on prend le train en marche (si je puis dire), on croit toujours qu'il est question d'un séisme ou d'un tsunami. Mais non... "Une actualité ferroviaire très chargée, aujourd'hui..." (Qu'est-ce diable qu'une actualité ferroviaire ?) "Pour les usagers qui souhaitent se rendre dans le sud-est de la France, c'est un véritable calvaire". Gros plan sur une jeune femme hystérique, au bord des larmes, hurlant : "On nous a menti ! On nous a abandonnés ! On nous a laissés sur les quais pendant quatre heures sans eau !!!" Un autre, avec le plus grand sérieux : "Si on ne me rembourse pas mes frais, j'entame une grève de la faim !" Duplex avec la gare de St Pancras, à Londres. Le journaliste, l'air grave : "On estime que 2,5 millions de personnes comptaient prendre l'Eurostar pour aller passer les fêtes de fin d'année en France. On n'ose imaginer ce qui se passerait si le trafic devait rester bloqué..." (Au contraire, il serait fort drôle de l'imaginer...) Sans oublier l'indémodable : "C'est un scandale qu'en 2009, en France (pays des droits de l'homme), on puisse encore voir des choses pareilles !" ni le réjouissant : "Il faut ouvrir une enquête et tirer toutes les conséquences de ces incidents".
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Collier de perles
dimanche 20 décembre 2009
Poudre blanche dans le nez
En toute objectivité, en toute modestie, le monde n'a quand même jamais connu de chienne si belle...
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Clichés
jeudi 17 décembre 2009
Les soucis ont du souci à se faire
Décidément, l'affaire est entendue. Il n'existe plus nulle part de problèmes. Pas la queue d'un. Circulez.
C'est que, depuis un bon moment déjà, les soucis les ont tous envoyés au diable, les problèmes. Ils sont d'abord arrivés subrepticement, ces soucis ; malicieusement planqués derrière la négation de leur propre existence. Y'a pas de souci, qu'ils disaient tous. Vous faites pas de bile, en somme. On n'est pas là. On n'existe pas. Y'a pas de souci. Mais il y en avait... Et même de plus en plus.
Lorsqu'ils se sont sentis en confiance et supérieurs en nombre, les soucis sont passés à l'attaque, pour de bon. Finie, la marche au "pas" ! Les masques pouvaient tomber. On aurait dû le voir venir, du reste : y' va y avoir un souci, ça risque de poser un souci, nous avertissait-on à tout bout de champ. Et puis, enfin, l'invasion eut lieu : il y eut des soucis partout, en veux-tu, en voilà. Même l'alliance que contractèrent dans l'urgence les problèmes avec la vérité (c'est un vrai problème) ne put les sauver du désastre. Ils étaient faits comme des rats. Un vrai génocide !
Seulement ce qu'ils ne semblent pas voir, les petits soucis, tout enivrés qu'ils sont de leur victoire, c'est qu'ils risquent à leur tour d'en avoir un gros. Et sans tarder, encore. Car, tapies dans l'ombre, les soeurs inconsolables et vindicatives des défunts problèmes méditent déjà leur vengeance et rêvent de les détrôner. Ces soeurs, ce sont bien sûr les problématiques. Grassouillettes, satisfaites d'elles-mêmes, conscientes de leur charme, elles s'appliquent d'ores et déjà, telles les tentacules d'une pieuvre gluante, à infiltrer tous les débats les plus insignifiants, tous les sujets les plus glauques, tous les terrains les plus consensuels : la problématique du tri sélectif, la problématique des transports, la problématique de la neige, la problématique du temps de travail, la problématique de l'agriculture, la problématique de la culture... L'hypothèse d'un mariage de circonstance qui mettrait fin à ces conflits n'est toutefois pas à exclure totalement, et l'on ne peut qu'être impatients de découvrir quels merveilleux rejetons lexicaux engendreraient, si cette union devait être consommée, nos soucis problématiques.
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Rassis-ocination
dimanche 6 décembre 2009
Chroniques de la post-Histoire
Le « père » est un espoir sur lequel personne, aujourd’hui, ne peut plus compter. La « domination masculine » elle-même, effacée depuis longtemps, n’est plus qu’un de ces dieux devant lesquels on se prosterne, en hurlant qu’on les exècre, parce qu’on les sait irrémédiablement et dramatiquement absents. Homo festivus, l’éradicateur furieux de toutes les différences, aurait mauvaise grâce à se plaindre d’une telle situation, à l’établissement de laquelle il œuvre depuis tant d’années. Mais c’est seulement aujourd’hui que commencent à lui en apparaître les premières conséquences ; et qu’il s’en trouve surpris. La destruction savante des moindres résidus d’antagonismes, jusque dans les ultimes fondements anthropologiques de la société (identité sexuelle, langage, etc.), induit un effacement de l’autre de toute évidence sans exemple à aucune époque ; et c’est alors qu’Homo festivus se découvre non seulement cloné, ou clonique, mais également clownesque : on ne peut pas avoir le beurre de l’indifférenciation et l’argent du beurre de l’individualité. Que l’on devienne, par la même occasion, insignifiant, vaguement touchant, un peu dérisoire, peut-être risible, n’est que le résultat d’une telle situation. Le comique ne vient d’ailleurs plus, de nos jours, que du spectacle des néo-individus veufs de l’autre sous toutes ses formes (veufs de l’adversaire, de l’ennemi), mais continuant, pour se sentir exister (comme idée, comme projet, comme projection), à en combattre le fantôme avec des postures de matamores. (p. 234)Déterritorialisateur et convertisseur tyrannique, Homo festivus, qui est en même temps et toujours un adulte retombé en enfance, ne saurait donc avoir le moindre goût pour ce qui ne lui ressemble pas. Et comme ce qui ne lui ressemble pas a été définitivement classé par lui dans la rubrique « archaïsmes et autres divagations malfaisantes », il ne peut qu’en demander la disparition ; et avoir gain de cause. Le retournement de la prédation touristique en catéchèse des droits de l’homme est le coup de force par lequel le touriste contemporain assoit une légitimité dont on peut être certain qu’elle lui survivra. Que ce soit en charter, par bateau ou en car, tous ses déplacements se font sous le couvert du droit d’ingérence. Partout où il se trouve, ce convertisseur si satisfait de lui-même a la loi pour lui ; et tout ce que ce prêcheur pourrait rencontrer qui ne s’accorderait pas avec sa perpétuelle homélie devrait être bien entendu éliminé d’office.
À la curiosité pour la planète succède son annexion. Homo festivus, lorsqu’il part en voyage, se veut bien sûr, et comme toujours, aussi jeune que possible, ouvert, tolérant, joyeusement accessible à tous les particularismes. Il se définit aussi avec fierté, sans que personne ne songe à lui contester ce titre, et parce qu’il ne saurait exister, dans ce domaine comme dans les autres, sans le label de l’« anticonformisme » ou de la « rébellion », comme anti-touriste ; mais ce que ce militant de la sécurité mondialisée poursuit d’un bout du monde à l’autre, c’est le roman de sa conquête et l’extension colonialiste de ses « idéaux », dont il ne lui vient jamais un seul instant à l’esprit qu’ils ressuscitent à nouveaux frais l’ancien impérialisme ; et aussi qu’ils pourraient n’être que de nouveaux préjugés qui n’auront qu’un temps (et que déjà menace de délégitimation une critique elle-même imprévisible). (p. 291)
À la curiosité pour la planète succède son annexion. Homo festivus, lorsqu’il part en voyage, se veut bien sûr, et comme toujours, aussi jeune que possible, ouvert, tolérant, joyeusement accessible à tous les particularismes. Il se définit aussi avec fierté, sans que personne ne songe à lui contester ce titre, et parce qu’il ne saurait exister, dans ce domaine comme dans les autres, sans le label de l’« anticonformisme » ou de la « rébellion », comme anti-touriste ; mais ce que ce militant de la sécurité mondialisée poursuit d’un bout du monde à l’autre, c’est le roman de sa conquête et l’extension colonialiste de ses « idéaux », dont il ne lui vient jamais un seul instant à l’esprit qu’ils ressuscitent à nouveaux frais l’ancien impérialisme ; et aussi qu’ils pourraient n’être que de nouveaux préjugés qui n’auront qu’un temps (et que déjà menace de délégitimation une critique elle-même imprévisible). (p. 291)
Aucune dignité n’est plus autorisée, et jusque dans les ultimes secondes de l’existence. Il n’est même plus permis de disparaître, je veux dire de mourir, autrement que parmi les fumigènes pestilentiels de la honte festive. De sorte que toutes ces manifestations infectes sont l’apothéose même de l’incivilité plébiscitée, au moment précis où, comme par hasard, se trouve porté aux nues le gâtisme citoyen, où se répand l’éloge d’une citoyenneté rhétorique, et hypocrite, d’un vivre-ensemble partout, et officiellement, et sciemment, et méthodiquement anéanti. Qui a jamais songé, une nuit de rave, un soir de Love Parade ou de Gay Pride, à tous les moribonds giflés dans l’atrocité même de leur travail de mort par la hideur mille fois plus grande encore, dans la mesure où il n’est même pas permis de ne pas l’approuver, de la musique qui leur est imposée, et parce que leur immeuble a le malheur de se trouver sur le passage des troupes d’occupation hyperfestive ? Les malades ou les mourants, dans l’époque qui commence, n’ont plus droit à leur propre tragédie. Même cet atroce privilège leur est confisqué. L’accès à l’horreur qu’ils vivent malgré tout leur est interdit. On veut bien qu’ils meurent, mais à la seule condition que ce soit de rire. Et c’est dans un temps, précisément, où le rire est devenu impossible, puisque tout le monde est respectable et que tout le monde est fier, et où le comique est citoyen, c’est-à-dire sinistre (…), qu’on dépêche aux mourants des clowns d’hôpital pour les faire crever à gorge déployée. (p. 448)
Après bien d’autres mea culpa, le temps de la repentance collective est proche, concernant ces milliers d’années de l’Histoire au cours desquelles, dans le seul but de flatter le narcissisme de notre espèce, on a donné à l’homme un statut supérieur et voulu croire qu’il possédait le monopole de la pensée. Ce moment de contrition générale s’accompagnera sans nul doute de géantes cérémonies de réconciliation et de festivités sans fin. Celles-ci auront bien entendu été précédées d’une rapide campagne au cours de laquelle il sera enfin démontré que la législation actuelle concernant les droits des animaux n’est plus adaptée, qu’il faut cesser de considérer comme anecdotiques les multiples humiliations, exclusions ou plaisanteries dont ces derniers sont jusqu’à présent l’objet, ainsi que toutes les formes de victimisation ou tous les comportements discriminatoires qu’ils ont à subir depuis si longtemps.
Lorsque cette action positive en faveur de l’égalité des chances pour le monde animal aura porté ses fruits, et que des anomalies qui jusque-là paraissaient naturelles ou fatales seront devenues inadmissibles, alors toutes les capitales du monde organiseront des défilés monstres, des espèces de Zoo Prides ou d’Animals Parades, avec des cortèges impressionnants de camions sono sur lesquels des bêtes enrubannées, d’adorables brebis peintes en mauve, des cochons à clochette, des hamsters piercés, des souris blanches sur rollers, des lionnes tatouées à l’omoplate et des chimpanzés en bikini rescapés de laboratoires d’expérimentation se trémousseront au rythme de la néo-musique ; tandis que, derrière les chars de ce Pardon techno, pieds nus et corde au cou, défileront dans une tornade de honte et sous les huées de la foule convertie d’innombrables délégations de propriétaires d’élevages à la chaîne, de directeurs de zoos et de chercheurs scientifiques. Pour leur peine, ils seront interdits de téléphone portable pendant au moins quinze jours. (p. 474-5)
Lorsque cette action positive en faveur de l’égalité des chances pour le monde animal aura porté ses fruits, et que des anomalies qui jusque-là paraissaient naturelles ou fatales seront devenues inadmissibles, alors toutes les capitales du monde organiseront des défilés monstres, des espèces de Zoo Prides ou d’Animals Parades, avec des cortèges impressionnants de camions sono sur lesquels des bêtes enrubannées, d’adorables brebis peintes en mauve, des cochons à clochette, des hamsters piercés, des souris blanches sur rollers, des lionnes tatouées à l’omoplate et des chimpanzés en bikini rescapés de laboratoires d’expérimentation se trémousseront au rythme de la néo-musique ; tandis que, derrière les chars de ce Pardon techno, pieds nus et corde au cou, défileront dans une tornade de honte et sous les huées de la foule convertie d’innombrables délégations de propriétaires d’élevages à la chaîne, de directeurs de zoos et de chercheurs scientifiques. Pour leur peine, ils seront interdits de téléphone portable pendant au moins quinze jours. (p. 474-5)
Tous ceux qui apparaissent en première ligne dans la société hyperfestive relèvent, d’une façon ou d’une autre, de la nouvelle profession des dresseurs, des encadreurs et des rééducateurs. Mais ils ne doivent, bien entendu, jamais être nommés comme tels. On les appellera donc, par exemple, « artistes provocateurs » ; ce qui est d’autant plus curieux si l’on se souvient de ce qu’était un provocateur dans la période historique : une personne qui, travaillant en apparence pour l’insurrection, mais en réalité pour l’ordre établi, poussait des individus ou des groupes à se lancer dans des actions illégales de manière à déclencher des opérations de répression policière. Une sorte de sous-flic, en somme, et même quelqu’un de pire et de plus sale qu’un véritable flic. Sous cet angle, il faut bien le dire, le terme est assez justement choisi, quoique de manière inconsciente, dans la mesure où les « artistes » contemporains ne sont plus que des salariés parmi d’autres du nouvel ordre établi, et des glorificateurs appointés de sa nouvelle harmonie présentée comme déglinguée afin d’allécher les générations émergentes pour qui l’avant-garde c’est le lait maternel. Ils poussent à l’ordre comme on poussait au crime ou à l’insurrection. Et ils n’existent que par là, bien qu’ils fassent encore semblant de se plaindre du « manque d’éducation visuelle » du public ; lequel manque serait à l’origine de tous les malentendus que ce public entretient avec leurs belles œuvres. Mais le champ éducatif dans lequel ils sévissent ne se limite nullement à cette pauvre question visuelle. C’est tout l’être humain qu’ils doivent réadapter et rééduquer. Heureusement pour eux, ils ne sont pas les seuls à qui cette tâche échoit ; et l’être humain actuel, ou ce qui lui succède, n’est aucunement rebelle à cette perspective. (p. 563-4)
C’est (…) dans le but de mettre hors de portée de la critique les éléments primordiaux de la nouvelle civilisation que l’on voit proliférer certains mots dont le sens n’est plus, bien sûr, interrogé par personne. Ils n’ont d’autre fonction que de sacraliser, ou de blackouter, ce qui ne devra plus être contesté. Et ils deviennent, dès cet instant, comme on le dit en linguistique, des termes non marqués ; ce qui signifie qu’ils n’ont plus d’opposition ; ou que celle-ci a été définitivement neutralisée ; et qu’en tout état de cause ils ne se frottent plus à aucune réalité. Ils accèdent alors à une sorte de statut divin ; et à ce paradis de la naturalité ou de la normalité dont nous savons, par ailleurs, qu’Homo festivus ne cesse de chasser tout ce qui lui paraît contraire à ses intérêts. Quand on peut entendre la déplaisante romancière Darrieussecq, sur un plateau de télévision, affirmer qu’elle vote « naturellement » à gauche, il est évident que tout s’est renversé, que la désagrégation de toute pensée est arrivée à son terme, et que ce vocable, « gauche », ne désigne plus un ensemble d’idées politiques, ou une fraction de l’opinion, comme naguère, comme du temps de Marx, de Jaurès et de bien d’autres (où être de gauche représentait un véritable travail et un combat de la pensée, non un prétendu fait de nature et en réalité une paresse crasse de l’esprit, mais un effort constant du négatif, et un assaut contre les évidences, précisément, et contre le « naturel »), mais qu’il s’agit désormais du plus vautré des conforts intellectuels, et du plus poisseux des « être-ensemble » qui aient jamais été, transfigurés en position divine et sublime, ou encore d’un de ces termes non marqués d’où le conflit (l’Histoire) s’est évaporé miraculeusement, et dont le contenu n’a même plus besoin d’être argumenté puisqu’il relève du naturel et de l’universel : en ce sens, il correspond parfaitement à un monde qui se passe de réel et qui ne s’en porte que mieux, s’épanouissant dans les délices de Capoue d’une prétendue position politique qui n’est plus qu’une mystique de confort, et un naturisme routinier, présentés comme une exaltante conquête de l’esprit. (p. 599-600)
Philippe Muray, Après l'histoire, Tel Gallimard, 2000
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Brut de livre
lundi 30 novembre 2009
What else?
Revue de presse ce matin sur Europe 1 : Après les résultats du référendum en Suisse sur l'interdiction des minarets, le correspondant de Libération à Genève "en vient à se demander si la démocratie est le meilleur modèle". Tout est dit.
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Collier de perles
mardi 24 novembre 2009
A nous deux, Hollywood !

L'autre soir, alors que je ruminais tardivement une pizza aux trois fromages devant une série policière quelconque (vraiment quelconque), j'eus une illumination. Mon cerveau fécond venait d'imaginer le scénario ultime, reproductible à l'infini, qui éviterait bien des peines et des dépenses aux producteurs d'Hollywood. Jugez plutôt :
Une sauterie en plein air, au bord d'une piscine. Jolies filles en bikini qui se trémoussent. Musique à fond. Alcool à gogo. Tout va bien.
Les convives s'avisent soudain qu'un vieux cadavre tout boursouflé et mutilé flotte au milieu du bassin. Détail macabre : il tient encore sa coupe de champagne à la main qui lui reste. C'est le maître des lieux. Cris. Panique.
Générique d'introduction.
L'équipe des experts arrive sur les lieux. Premières constatations : le pauvre diable, avant d'être jeté à l'eau, a été assommé et eviscéré. L'hypothèse du suicide ou de l'accident sont rapidement écartées.
Présentation succinte des suspects : la femme de la victime (femme fatale qui n'a pas l'air très chagrinée de la situation, cette salope) ; le jardinier du domaine (beau mec viril avec qui elle vivait une liaison torride, parce que sa lopette de mari ne savait plus la satisfaire) ; le barman de la fête (type entre deux âges aigri qui en a vu de belles au cours de sa carrière, dans cet univers de milliardaires décadents qu'il ne supporte plus). A l'inverse, le frère cadet de la victime, à peine sorti de l'adolescence, bouleversé, désespéré, semble au-dessus de tout soupçon.
C'est alors qu'arrive en 4x4 noir le patron des experts (professionnel laconique qui conserve sa part d'ombre, ses blessures secrètes) avec une machine révolutionnaire, le "Flair-coupable". Posté devant l'assemblée, il appuie sur un bouton. La machine, équipée d'un bras robotisé, désigne alors immédiatement (et contre toute attente) le frère de la victime. Une voix de synthèse confirme : "C'est bien lui".
Protestations inutiles du perfide frangin (il a eu tort, aussi, de se croire le plus malin). Acculé, il finit par avouer : il était jaloux de son frère, qui avait réussi, avait une femme superbe, etc. Il est menotté et emmené. Au passage, le patron des experts lui envoie une réflexion bien sentie, tout en remettant ses lunettes de soleil ("Vous avez joué, vous avez perdu !" - Vlam ! Dans les dents ! Ah ah ! Faut pas le faire chier le patron des experts...)
Générique de fin.
Une sauterie en plein air, au bord d'une piscine. Jolies filles en bikini qui se trémoussent. Musique à fond. Alcool à gogo. Tout va bien.
Les convives s'avisent soudain qu'un vieux cadavre tout boursouflé et mutilé flotte au milieu du bassin. Détail macabre : il tient encore sa coupe de champagne à la main qui lui reste. C'est le maître des lieux. Cris. Panique.
Générique d'introduction.
L'équipe des experts arrive sur les lieux. Premières constatations : le pauvre diable, avant d'être jeté à l'eau, a été assommé et eviscéré. L'hypothèse du suicide ou de l'accident sont rapidement écartées.
Présentation succinte des suspects : la femme de la victime (femme fatale qui n'a pas l'air très chagrinée de la situation, cette salope) ; le jardinier du domaine (beau mec viril avec qui elle vivait une liaison torride, parce que sa lopette de mari ne savait plus la satisfaire) ; le barman de la fête (type entre deux âges aigri qui en a vu de belles au cours de sa carrière, dans cet univers de milliardaires décadents qu'il ne supporte plus). A l'inverse, le frère cadet de la victime, à peine sorti de l'adolescence, bouleversé, désespéré, semble au-dessus de tout soupçon.
C'est alors qu'arrive en 4x4 noir le patron des experts (professionnel laconique qui conserve sa part d'ombre, ses blessures secrètes) avec une machine révolutionnaire, le "Flair-coupable". Posté devant l'assemblée, il appuie sur un bouton. La machine, équipée d'un bras robotisé, désigne alors immédiatement (et contre toute attente) le frère de la victime. Une voix de synthèse confirme : "C'est bien lui".
Protestations inutiles du perfide frangin (il a eu tort, aussi, de se croire le plus malin). Acculé, il finit par avouer : il était jaloux de son frère, qui avait réussi, avait une femme superbe, etc. Il est menotté et emmené. Au passage, le patron des experts lui envoie une réflexion bien sentie, tout en remettant ses lunettes de soleil ("Vous avez joué, vous avez perdu !" - Vlam ! Dans les dents ! Ah ah ! Faut pas le faire chier le patron des experts...)
Générique de fin.
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Méfaits divers
lundi 16 novembre 2009
Fais tes devoirs, sinon on dialogue !

Pan-pan cul-cul pas bien, donc. Comme à l’accoutumée, la « proposition » a surgi de nulle part, enduite d’une rhétorique moderniste désormais incontournable : la « France-en-retard » ou « à-la-traîne », les « statistiques-qui-prouvent-que-dans-les-autres-pays-européens », le « problème-de-la-maltraitance-que-nul-ne-saurait-cautionner », etc. Une fois ce petit chantage intellectuel de routine mis en place, ladite proposition (dont l’avenir n’a, bien entendu, aucune espèce d’importance) pourra, éventuellement, jouer le rôle convenu ; autrement dit « faire polémique ». Je dis bien « éventuellement », car on fabrique tant de ces « affaires » en carton-pâte à l’heure qu’il y a forcément du déchêt. Soyons optimistes et gageons que celle-là connaîtra son heure de gloire. Dans les journaux, les « psychologues », « spécialistes » et autres « consultants » ès éducation ne manqueront pas de donner leur avis satisfait sur la question, à grand renfort de novlangue. Psychologies fera semblant de s’interroger : « Éducation stricte : bonne ou mauvaise idée ? » tandis que Version Femina proposera à ses lectrices (et lecteurs) un test « drôle et décalé » : « Votre bout’chou est-il un enfant-roi ? » Sur toutes les radios, dans la rubrique « Vous avez la parole », Jeanine, 67 ans, de Vaulx-en-Velin, pourra hurler que cette proposition est un scandale, qu’il n’y a « plus de valeurs » et que, de son temps, les mouflets se prenaient des taloches sans broncher. À la télévision, des « débats citoyens libres de ton » seront organisés. Des « pédopsychiatres », des « mamans » et surtout des « papas » y vanteront les mérites d’une « éducation douce », « basée sur la pédagogie et le dialogue ». Quelques idiots utiles viendront charitablement leur servir de contradicteurs. Avec un peu de chance, ils auront le temps de marmonner timidement des mots comme « autorité », « recadrage » ou « respect » avant de se faire rire au nez et traiter de « réactionnaires phallocrates ». Les plus kamikazes s’enhardiront peut-être jusqu’à suggérer que l’angélisme en matière d’éducation n’a jusqu’à présent pas donné de résultats probants et que, si les enfants n’ont pas l’air spécialement plus épanouis qu’avant, il ne fait en revanche aucun doute qu’ils sont de plus en plus insupportables. D’autres, plus spirituels ou plus nihilistes, se risqueront à la rigueur à affirmer que, quand bien même la fessée n’aurait aucune vertu pédagogique pour l’enfant, elle a parfois le mérite de soulager certains parents et de leur éviter l’ulcère, ce qui n’est tout de même pas si mal. Comme d’habitude, en tout cas, personne ne songera à remettre radicalement en cause l’hystérie légaliste ambiante qui a rendu l’existence même de cette hallucinante proposition possible, ni à pointer du doigt la seule chose qu’elle représente vraiment : une énième forme d’ingérence bien-pensante dans la sphère privée. La question de l’opportunité d’une loi interdisant les « châtiments corporels » se trouvera rapidement réduite à un débat « Pour ou contre la fessée ? », le postulat étant que, s’il était prouvé que la fessée est bel et bien néfaste, il faudrait naturellement une loi pour l’interdire. Et surtout, comme d’habitude, personne ou presque ne rira à gorge déployée du grotesque de la situation, qui ne manque pourtant pas de sel. D’abord, parce qu’elle illustre merveilleusement le pouvoir qui reste aujourd’hui au politique et l’envergure des affaires qu’il traite (avec le plus grand sérieux). Ensuite, parce que nos charmants petits Matis, Théo, Morgane et autres Enzo n’ont certes pas attendu cette ultime boutade pour faire subir à leur entourage leur despotisme procédurier et leur terrorisme affectif. Pondre une loi rendant la fessée obligatoire, au point où nous en sommes arrivés, cela aurait déjà été à peu près aussi sérieux que de porter un ciré à Tchernobyl pour se protéger des radiations ; mais concocter une loi l’interdisant, cela confine au sketch burlesque. Un peu comme si le commandant du Titanic pissait dans ses cales inondées en chantant « Nearer, my God, to Thee »…
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Merdre
dimanche 15 novembre 2009
Une entreprise dont l'exécution n'aura point d'imitateur
Comme Mlle Lambercier avait pour nous l'affection d'une mère, elle en avait aussi l'autorité, et la portait quelquefois jusqu'à nous infliger la punition des enfants quand nous l'avions méritée. Assez longtemps elle s'en tint à la menace, et cette menace d'un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très effrayante ; mais après l'exécution, je la trouvai moins terrible à l'épreuve que l'attente ne l'avait été, et ce qu'il y a de plus bizarre est que ce châtiment m'affectionna davantage encore à celle qui me l'avait imposé. Il fallait même toute la vérité de cette affection et toute ma douceur naturelle pour m'empêcher de chercher le retour du même traitement en le méritant ; car j'avais trouvé dans la douleur, dans la honte même, un mélange de sensualité qui m'avait laissé plus de désir que de crainte de l'éprouver derechef par la même main. Il est vrai que, comme il se mêlait sans doute à cela quelque instinct précoce du sexe, le même châtiment reçu de son frère ne m'eût point du tout paru plaisant. Mais, de l'humeur dont il était, cette substitution n'était guère à craindre, et si je m'abstenais de mériter la correction, c'était uniquement de peur de fâcher Mlle Lambercier ; car tel est en moi l'empire de la bienveillance, et même de celle que les sens ont fait naître, qu'elle leur donna toujours la loi dans mon coeur. Cette récidive, que j'éloignais sans la craindre, arriva sans qu'il y eût de ma faute, c'est-à-dire de ma volonté, et j'en profitai, je puis dire, en sûreté de conscience. Mais cette seconde fois fut aussi la dernière, car Mlle Lambercier, s'étant aperçue à quelque signe que ce châtiment n'allait pas à son but, déclara qu'elle y renonçait, et qu'il la fatiguait trop. Nous avions jusque-là couché dans sa chambre, et même en hiver quelquefois dans son lit. Deux jours après on nous fit coucher dans une autre chambre, et j'eus désormais l'honneur, dont je me serais bien passé, d'être traité par elle en grand garçon. Qui croirait que ce châtiment d'enfant, reçu à huit ans par la main d'une fille de trente, a décidé de mes goûts, de mes désirs, de mes passions, de moi pour le reste de ma vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s'ensuivre naturellement ? En même temps que mes sens furent allumés, mes désirs prirent si bien le change, que, bornés à ce que j'avais éprouvé, ils ne s'avisèrent point de chercher autre chose. Avec un sang brûlant de sensualité presque dès ma naissance, je me conservai pur de toute souillure jusqu'à l'âge où les tempéraments les plus froids et les plus tardifs se développent. Tourmenté longtemps sans savoir de quoi, je dévorais d'un œil ardent les belles personnes ; mon imagination me les rappelait sans cesse, uniquement pour les mettre en œuvre à ma mode, et en faire autant de demoiselles Lambercier. Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, Livre premier, 1765-1770.
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Brut de livre
mercredi 4 novembre 2009
Tu veux un Carambar ?
Question :
Quel est le comble du pédophile ?
Réponse :
Déclarer : "La femme qui me fera jouir, elle est pas encore née !"
Libellés :
Brève de computoir
mardi 3 novembre 2009
Frappe chirurgicale
Trouvé par hasard sur le site de l’Éducation Nationale. Prions pour que ces bijoux soient mis en ligne, le moment venu !
La lutte contre les discriminations et les représentations négatives est une des priorités de notre académie. En outre, apprendre à vivre ensemble, à se respecter mutuellement et à s'enrichir des différences est également l'une des missions assignées à notre école. C'est dans cette optique que les lycéens élus au Conseil Académique de la Vie Lycéenne ont souhaité organiser un concours lycéen contre les discriminations : en réalisant seul, en groupe ou par classe avec un enseignant, une affiche, une photo ou même un clip vidéo illustrant la lutte contre toute représentation négative de l'autre, les élèves des lycées parisiens favoriseront une vision positive du « vivre ensemble » et de la tolérance.
La lutte contre les discriminations et les représentations négatives est une des priorités de notre académie. En outre, apprendre à vivre ensemble, à se respecter mutuellement et à s'enrichir des différences est également l'une des missions assignées à notre école. C'est dans cette optique que les lycéens élus au Conseil Académique de la Vie Lycéenne ont souhaité organiser un concours lycéen contre les discriminations : en réalisant seul, en groupe ou par classe avec un enseignant, une affiche, une photo ou même un clip vidéo illustrant la lutte contre toute représentation négative de l'autre, les élèves des lycées parisiens favoriseront une vision positive du « vivre ensemble » et de la tolérance.
Ce concours est ouvert du 15 octobre 2009 au 15 janvier 2010. Le jury, composé des lycéens du CAVL et de représentants d'associations, se réunira et remettra les prix en février 2010. Lycéens, engagez-vous pour combattre toute forme de discrimination et participez au concours !
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