La déconfiture de l’équipe de France de football face au Mexique constituait déjà un spectacle des plus réjouissants, tant il est vrai que les joueurs qui la composent ont le don de susciter l’antipathie. Constantes gueules d’enterrement, caprices d’enfants gâtés, postures de stars, barbotage satisfait dans la vulgarité des pubs, mépris du public, incompétence notoire : les raisons ne manquaient certes pas de vomir ces drôles-là, pas même foutus de choisir une catin avec goût ni de se la farcir sans que cela ne se sache (ce qui, quand on connaît leurs salaires, relève tout de même de l’exploit…) Mais l’« affaire Anelka », là, il faut avouer que c’est carrément du caviar ! Résumons-nous. Il y a encore 48 heures, il était donc permis de mépriser de toute son âme l’équipe tricolore – ce dont bon nombre de Français, qu’ils soient ou non amateurs de foot, ne se privaient d’ailleurs pas – mais il était en revanche jugé tout à fait inopportun (pour ne pas dire « nauséabond ») de ne pas s’y reconnaître. Pas le moindre paradoxe là-dedans, à ce qu’il paraît. « On a tous un côté bleu », martelaient les sponsors. Méthode Coué… Or, aujourd’hui, virage spectaculaire ! On semble tomber des nues. Un joueur mercenaire qui se contrefout manifestement du pays qu’il est censé représenter, qui traite son entraîneur de fils de pute et lui dit d’aller se faire enculer, voilà qui n’est, soudain, « pas la France ». Les journalistes ne ménagent d’ailleurs pas leur peine pour tenter de nous en convaincre : à la radio comme à la télé s’enchaînent, telles des cérémonies d’exorcisme, les interviews de jeunes joueurs de foot « des quartiers » – blacks, blancs, beurs, comme en 98 – dénonçant sagement l’attitude d’Anelka. Et tant pis si, au même moment, Sydney Govou fait des déclarations fort intéressantes (mais bizarrement peu relayées) à un journaliste de L’Équipe lui demandant s’il n’existerait pas, tout de même, des « clans » parmi les Bleus (fallait-il que ça saute aux yeux pour que le pauvre diable ose poser la question !) : « Dans la vie de tous les jours, on cherche des affinités, alors en équipe de France aussi. Et quand on cherche des affinités, la couleur, c’est la première chose qui vient à l’esprit. » De fait, l’équipe de France n’a jamais été aussi représentative qu’à cet instant précis où il devient, comme par hasard, interdit de s’y reconnaître. Elle illustre à merveille ce que toute personne un tant soit peu en contact avec le réel sait depuis longtemps déjà – à savoir que le « vivre-ensemble » est un mythe. Mais tout cela a peu d’importance. L’essentiel n’est-il pas d’« éliminer le traître » qui a balancé le caïd, comme l’a dit Patrice Evra, le parrain – pardon, le capitaine – de cette belle équipe ? Bien sûr que si. C’est la loi de la rue, mon frère. M’est avis que c’est Gourcuff qui va prendre, « coupable » ou pas. Une vague intuition…
Je dirais même plus...
Qui êtes-vous ?
dimanche 20 juin 2010
samedi 19 juin 2010
Pour mémoire
Je sais bien que - quelle que soit sa valeur - aucune oeuvre n'a jamais été ni ne sera jamais le reflet de son époque, pour la bonne et simple raison que, précisément, elle en fait partie et ne saurait donc en être extraite pour se tenir face à elle, à la manière d'un miroir. Ainsi, s'il est toujours possible - et, à vrai dire, enivrant - de réfléchir une époque à travers une oeuvre (et même d'en réfléchir deux : la nôtre et la sienne), il me semble en revanche illusoire de penser qu'une oeuvre puisse réfléchir une époque. Il n'en demeure pas moins que si, dans 1000 ans, il venait à un historien l'idée saugrenue de résumer notre époque, par le biais d'un document qui en condenserait les traits les plus saillants, c'est probablement par ici qu'il faudrait que ce farfelu se tourne...
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Rassis-ocination,
Vocalises
vendredi 18 juin 2010
Common as dirt
Here a year or two back me and Loretta went to a conference in Corpus Christi and I got set next to this woman, she was the wife of somebody or other. And she kept talkin about the right wing this and the right wing that. I aint even sure what she meant by it. The people I know are mostly just common people. Common as dirt, as the sayin goes. I told her that and she looked at me funny. She thought I was sayin somethin bad about em, but of course that's a high compliment in my part of the world. She kept on, kept on. Finally told me, said: I dont like the way this country is headed. I want my granddaughter to be able to have an abortion. And I said well mam I dont think you got any worries about the way the country is headed. The way I see it goin I dont have much doubt but what she'll be able to have an abortion. I'm goin to say that not only will she be able to have an abortion, she'll be able to have you put to sleep. Which pretty much ended the conversation. Cormac McCarthy, No Country for Old Men, 2005.
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Anglicisme,
Brut de livre
lundi 14 juin 2010
dimanche 6 juin 2010
That was it
That was it; that was all. But they stand there for awhile longer, feeling the power that is in their circle, the closed body that they make. The light paints their faces in pale fading colors; the sun is now gone and sunset is dying. They stand together in a circle as the darkness creeps down into the Barrens, filling up the paths they have walked this summer, the clearings where they have played tag and guns, the secret places along the riverbanks where they have sat and discussed childhood's long questions or smoked Beverly's cigarettes or where they have merely been silent, watching the passage of the clouds reflected in the water. The eye of the day is closing. At last Ben drops his hands. He starts to say something, shakes his head, and walks away. Richie follows him, then Beverly and Mike, walking together. No one talks; they climb the embankment to Kansas Street and simply take leave of one another. And when Bill thinks it over twenty-seven years later, he realizes that they really never did all get together again. Four of them quite often, sometimes five, and maybe six once or twice. But never all seven. He's the last to go. He stands for a long time with his hands on the rickety white fence, looking down into the Barrens as, overhead, the first stars seed the summer sky. He stands under the blue and over the black and watches the Barrens fill up with darkness. I never want to play down there again, he thinks suddenly and is amazed to find the thought is not terrible or distressing but tremendously liberating. He stands there a moment longer and then turns away from the Barrens and starts home, walking along the dark sidewalk with his hands in his pockets, glancing from time to time at the houses of Derry, warmly lit against the night. After a block or two he begins to walk faster, thinking of supper… and a block or two after that, he begins to whistle. Stephen King, It, 1986
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Anglicisme,
Brut de livre
samedi 22 mai 2010
Préjugés en série
Je viens d'apprendre, en écoutant la radio, que la plupart des tueurs en série étaient des hommes blancs âgés de 25 à 50 ans et bien intégrés professionnellement.Je suis un homme. Je suis blanc. J'ai entre 25 et 50 ans. Je suis bien intégré professionnellement... Et pourtant, je ne suis pas un tueur en série. Vous imaginez donc sans peine à quel point je me sens stigmatisé.Mais je me console : SOS Racisme ne devrait plus tarder à publier un communiqué pour s'insurger contre ce dérapage nauséabond.J'attends...
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Méfaits divers
dimanche 9 mai 2010
Sans Nicolas Cage (as Fu Manchu)
Ecrivez un scénario qui soit un hommage très appuyé à la série des Evil Dead ; ajoutez un peu de l'ambiance de The Thing, de La Nuit des morts-vivants et de Shaun of the Dead ; puis saupoudrez le tout de références à Indiana Jones, Terminator, Braindead et Vendredi 13 ; et vous obtenez... un film raté.
Allez comprendre...
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Toiles
jeudi 29 avril 2010
Question de confiance
Les confidents les plus fiables sont ceux qui se foutent de ce que vous leur racontez.
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Rassis-ocination
dimanche 25 avril 2010
Ames féministes s'abstenir
[P]lus l'homme, par sa pratique, prend conscience de la fille (au sens de pauvre fille, méchante fille, fille de joie) que lui cachait sa mère, plus son respect a priori de la femme s'abaisse au niveau des femmes réelles, dont il découvre l'ambivalence, voire la duplicité. Pour être encore plus clair : le pouvoir de la femme est d'abord celui que l'homme lui donne en se trompant un peu sur elle ; et le moins qu'un homme d'expérience puisse affirmer c'est que les femmes ont, en moyenne, plus à perdre qu'à gagner à être mieux connues. Les séductrices et autres femmes malignes ont si bien compris cet intérêt de rester magiques au coeur de l'homme, qu'elles s'ingénient par tout un tas d'astuces (appelées séduction) à demeurer dans l'inexplicable et l'inexpliqué. Evoquant l'éternel féminin chaque fois qu'on voudrait les engager sur le terrain glissant du concept et de la transparence. Préférant intriguer plutôt que de dévoiler bêtement la platitude ou la bassesse de leurs aspirations. (pp. 78-9) Sur le plan de la pensée, le féminisme culturel a apporté deux choses : le féminisme et un goût certain pour la psychanalyse. Expliquant tout par l'amour limité à la recherche du plaisir et à la séduction, la psychanalyse, comme la femme, ne sort pas de l'oedipe ; elles étaient donc faites pour se rencontrer. Mais le système freudien exigeant quand même l'apprentissage et la maîtrise d'un subtil appareillage conceptuel, le goût des femmes pour la pensée magique et sa médiatisation par les magazines féminins ont tôt fait de réduire la théorie psychanalytique à un psychologisme de bazar, prétexte à tous les conseils psy. Après avoir exprimé le droit consumériste au plaisir de l'époque de la croissance (de la pilule au premier choc pétrolier), le conseil psy s'est peu à peu radicalisé en une sordide surenchère au plaisir pour faire face à la crise de la consommation (qui est aussi celle du désir). Tournant de plus en plus au guide pratique sur le bon usage de la sodomie et les techniques de fellation, il reflète aujourd'hui l'extrême détresse de pétasses en fin de parcours, devenues prêtes à tout pour se faire tirer. (pp. 94-5) Alain Soral, Vers la féminisation ?, Editions Blanche, 1999.
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Brut de livre
Le savoir-parler-moderne : leçon 2

Ne dites plus : "C'est de la merde".
Dites : "Personnellement, ce n'est pas mon truc, mais je comprends tout à fait qu'on puisse aimer et je le respecte".
Dites : "Personnellement, ce n'est pas mon truc, mais je comprends tout à fait qu'on puisse aimer et je le respecte".
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Méfaits divers
lundi 5 avril 2010
Terminus
Toujours fasciné par l'humour noir des journalistes...
Drame du RER La mère du jeune "pousseur" avait tiré le signal d'alarme
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Collier de perles
jeudi 1 avril 2010
C'est mes frères, autour de moi...
Ce matin, j'ai enfin pris le temps d'aller acheter l'album Mon Paradis de Christophe Maé. Oui, je sais : il vient juste d'en sortir un nouveau, mais chaque chose en son temps. Je n'avais déjà pas le précédent ! Je ne vous cache pas que je l'écoute en boucle. C'est le rayon de soleil de ma journée ! Surtout la magnifique chanson "C'est ma terre", qui - à mon humble avis - mériterait de passer davantage à la radio. Heureusement que dans notre société individualiste, il reste des artistes avec un vrai univers à part. Côté musical, c'est irréprochable. Quant aux paroles, elles nous font réfléchir sur notre regard et nos certitudes, qui sont bien souvent des préjugés. "Quand il y a danger, on regarde son voisin, c'est bizarre / Sans voir qu'on l'a peut-être laissé trop longtemps à l'écart". C'est tout à fait ça ! Au delà de nos différences, on est tous pareils !
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Vocalises
dimanche 28 mars 2010
Better late than Neverland
Mais comment ai-je pu arriver si longtemps après la bataille ?! Le premier tome du Peter Pan de Régis Loisel est sorti il y a tout juste 20 ans, et je ne l'ai lu que ce week-end. Ignorance ? Même pas ! Plusieurs personnes dignes de confiance m'en chantaient les louanges depuis des lustres, mais j'avais envers cette BD l'une de ces réticences parfaitement irrationnelles qui vous font remettre à plus tard telle ou telle lecture pendant des années, avant de finalement vous précipiter dessus, sur un coup de tête non moins irrationnel. Inconscience, donc. Folie en partie irréparable. Parce que, contrairement au mythe, on ne "retombe pas en enfance" en lisant un chef d'oeuvre sur l'enfance, n'est-ce pas ? Et puis quoi, encore ? La plupart du temps, il faut se contenter de la jouissance masochiste de celui qui mesure ce qu'il a irrémédiablement perdu. Et c'est déjà beau. L'exception à cette règle aussi cruelle que banale ? La relecture des oeuvres que l'on a découvertes lorsqu'on était soi-même enfant. En se souvenant des rêves, des peurs, des fantasmes qu'elles engendraient en nous, on retrace tant bien que mal le chemin, comme le Petit Poucet avec ses cailloux. L'illusion ne dure que le temps de tourner les pages, mais alors on plane allègrement, accro à cette drogue du souvenir. Et là, j'avoue que j'aurais bien aimé que la fée Clochette me jette un peu de sa poudre...
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Bulles
mercredi 24 mars 2010
A l'ouest, rien de nouveau
Du déni au délit de réalité, les censeurs-tolérants continuent leur petit bonhomme de chemin, guillerets, sûrs de leur bon droit. Dans ce désert-là, les oasis se font rares...
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Merdre
lundi 15 mars 2010
La Rafle : vous faites des tarifs de groupe ?
Sortie de La Rafle. J'avais du mal à cerner ce qui me mettait mal à l'aise dans la façon dont les médias parlent de ce film, que je n'ai d'ailleurs pas vu (ni ne compte voir). "Devoir de mémoire" par-ci, "témoignage utile aux jeunes générations" par-là ; le tout délivré "avec beaucoup d'émotion"... Comme dirait Columbo, y'avait un truc qui me chiffonnait. Et puis samedi soir, Ruquier a vendu la mèche : "C'est vrai qu'il y avait eu quelques documentaires sur le sujet, mais là c'est un vrai film". Euh ?... C'est pas l'inverse, normalement ?
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Rassis-ocination
dimanche 14 mars 2010
Ni la cheminée de faux marbre
Ni la peur de mourir un jour
Dans quelque ville frontalière
Sans tenir la main d'un amour
Ne les arrête sur la terre
Les Nomades Et quand on voit sous les platanes
Passer les mulets et les ânes
On a beau être des profanes
On voudrait suivre la caravane
Des Nomades
Dans quelque ville frontalière
Sans tenir la main d'un amour
Ne les arrête sur la terre
Les Nomades Et quand on voit sous les platanes
Passer les mulets et les ânes
On a beau être des profanes
On voudrait suivre la caravane
Des Nomades
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Vocalises
mercredi 3 mars 2010
Au pays de Denis, Comme dans tous les pays, Y'a des méchants et des gentils...

Pour deviner l'ampleur de l'anachronisme dans lequel nous barbotons quotidiennement, pour prendre la mesure de l'escroquerie idéologique bon marché qu'est devenue la convocation du passé et de ses figures, rien de tel qu'un petit bain de jouvence dans les sources primaires. L'eau qui en jaillit nous semble acide, forcément. Elle pique un peu les yeux et ne fleure pas toujours le Chanel n°5 ni la "France-des-Lumières". C'est de l'histoire, quoi...
Lorsqu'on s'est dit à soi-même, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui connoîtra le mieux une horloge sera l'ouvrier le plus capable de la raccommoder, il semble qu'on soit forcé de conclure, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui entendra le mieux le corps humain, sera le plus en état d'en écarter les maladies, & que le meilleur anatomiste sera certainement le meilleur medecin. C'étoit aussi l'avis de ceux d'entre les medecins qu'on appelloit dogmatiques. Il faut, disoient-ils, ouvrir des cadavres, parcourir les visceres, fouiller dans les entrailles, étudier l'animal jusque dans ses parties les plus insensibles ; & l'on ne peut trop loüer le courage d'Hérophile & d'Erasistrate, qui recevoient les malfaiteurs & qui les disséquoient tout vifs ; & la sagesse des princes qui les leur abandonnoient, & qui sacrifioient un petit nombre de méchans à la conservation d'une multitude d'innocens de tout état, de tout âge, & dans tous les siecles à venir. (…) Celse (…) permit à l'anatomiste d'ouvrir des cadavres, mais non d'égorger des hommes : il voulut qu'on attendît du tems & de la pratique les connoissances anatomiques que l'inspection du cadavre ne pourroit donner ; méthode lente, mais plus humaine, dit-on, que celle d'Hérophile & d'Erasistrate. Me seroit-il permis d'exposer ce que je pense sur l'emploi qu'on fait ici du terme d'humanité ? Qu'est ce que l'humanité ? sinon une disposition habituelle de coeur à employer nos facultés à l'avantage du genre humain. Cela supposé, qu'a d'inhumain la dissection d'un méchant ? Puisque vous donnez le nom d'inhumain au méchant qu'on disseque, parce qu'il a tourné contre ses semblables des facultés qu'il devoit employer à leur avantage, comment appellerez-vous l'Erasistrate, qui surmontant sa répugnance en faveur du genre humain, cherche dans les entrailles du criminel des lumieres utiles ? Quelle différence mettez-vous entre délivrer de la pierre un honnête homme, & dissequer un méchant ? l'appareil est le même de part & d'autre. Mais ce n'est pas dans l'appareil des actions, c'est dans leur objet, c'est dans leurs suites, qu'il faut prendre les notions véritables des vices & des vertus. Je ne voudrois être ni chirurgien, ni anatomiste, mais c'est en moi pusillanimité ; & je souhaiterois que ce fût l'usage parmi nous d'abandonner à ceux de cette profession les criminels à dissequer, & qu'ils en eussent le courage. De quelque maniere qu'on considere la mort d'un méchant, elle seroit bien autant utile à la société au milieu d'un amphithéatre que sur un échafaud ; & ce supplice seroit tout au moins aussi redoutable qu'un autre. Mais il y auroit un moyen de ménager le spectateur, l'anatomiste & le patient : le spectateur & l'anatomiste, en n'essayant sur le patient que des opérations utiles, & dont les suites ne seroient pas évidemment funestes : le patient, en ne le confiant qu'aux hommes les plus éclairés, & en lui accordant la vie, s'il réchappoit de l'opération particuliere qu'on auroit tentée sur lui. L'Anatomie, la Medecine & la Chirurgie ne trouveroient-elles pas aussi leur avantage dans cette condition ? & n'y auroit-il pas des occasions où l'on auroit plus de lumieres à attendre des suites d'une opération, que de l'opération même ? Quant aux criminels, il n'y en a guere qui ne préférassent une opération douloureuse à une mort certaine ; & qui, plûtôt que d'être exécutés, ne se soûmissent, soit à l'injection des liqueurs dans le sang, soit à la transfusion de ce fluide, & ne se laissassent ou amputer la cuisse dans l'articulation, ou extirper la rate, ou enlever quelque portion du cerveau, ou lier les arteres mammaires & épigastriques, ou scier une portion de deux ou trois côtes, ou couper un intestin dont on insinueroit la partie supérieure dans l'inférieure, ou ouvrir l'oesophage, ou lier les vaisseaux spermatiques, sans y comprendre le nerf, ou essayer quelqu'autre opération sur quelque viscere. Denis Diderot, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (extraits de l'article "Anatomie")
Lorsqu'on s'est dit à soi-même, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui connoîtra le mieux une horloge sera l'ouvrier le plus capable de la raccommoder, il semble qu'on soit forcé de conclure, que tout étant égal d'ailleurs, celui qui entendra le mieux le corps humain, sera le plus en état d'en écarter les maladies, & que le meilleur anatomiste sera certainement le meilleur medecin. C'étoit aussi l'avis de ceux d'entre les medecins qu'on appelloit dogmatiques. Il faut, disoient-ils, ouvrir des cadavres, parcourir les visceres, fouiller dans les entrailles, étudier l'animal jusque dans ses parties les plus insensibles ; & l'on ne peut trop loüer le courage d'Hérophile & d'Erasistrate, qui recevoient les malfaiteurs & qui les disséquoient tout vifs ; & la sagesse des princes qui les leur abandonnoient, & qui sacrifioient un petit nombre de méchans à la conservation d'une multitude d'innocens de tout état, de tout âge, & dans tous les siecles à venir. (…) Celse (…) permit à l'anatomiste d'ouvrir des cadavres, mais non d'égorger des hommes : il voulut qu'on attendît du tems & de la pratique les connoissances anatomiques que l'inspection du cadavre ne pourroit donner ; méthode lente, mais plus humaine, dit-on, que celle d'Hérophile & d'Erasistrate. Me seroit-il permis d'exposer ce que je pense sur l'emploi qu'on fait ici du terme d'humanité ? Qu'est ce que l'humanité ? sinon une disposition habituelle de coeur à employer nos facultés à l'avantage du genre humain. Cela supposé, qu'a d'inhumain la dissection d'un méchant ? Puisque vous donnez le nom d'inhumain au méchant qu'on disseque, parce qu'il a tourné contre ses semblables des facultés qu'il devoit employer à leur avantage, comment appellerez-vous l'Erasistrate, qui surmontant sa répugnance en faveur du genre humain, cherche dans les entrailles du criminel des lumieres utiles ? Quelle différence mettez-vous entre délivrer de la pierre un honnête homme, & dissequer un méchant ? l'appareil est le même de part & d'autre. Mais ce n'est pas dans l'appareil des actions, c'est dans leur objet, c'est dans leurs suites, qu'il faut prendre les notions véritables des vices & des vertus. Je ne voudrois être ni chirurgien, ni anatomiste, mais c'est en moi pusillanimité ; & je souhaiterois que ce fût l'usage parmi nous d'abandonner à ceux de cette profession les criminels à dissequer, & qu'ils en eussent le courage. De quelque maniere qu'on considere la mort d'un méchant, elle seroit bien autant utile à la société au milieu d'un amphithéatre que sur un échafaud ; & ce supplice seroit tout au moins aussi redoutable qu'un autre. Mais il y auroit un moyen de ménager le spectateur, l'anatomiste & le patient : le spectateur & l'anatomiste, en n'essayant sur le patient que des opérations utiles, & dont les suites ne seroient pas évidemment funestes : le patient, en ne le confiant qu'aux hommes les plus éclairés, & en lui accordant la vie, s'il réchappoit de l'opération particuliere qu'on auroit tentée sur lui. L'Anatomie, la Medecine & la Chirurgie ne trouveroient-elles pas aussi leur avantage dans cette condition ? & n'y auroit-il pas des occasions où l'on auroit plus de lumieres à attendre des suites d'une opération, que de l'opération même ? Quant aux criminels, il n'y en a guere qui ne préférassent une opération douloureuse à une mort certaine ; & qui, plûtôt que d'être exécutés, ne se soûmissent, soit à l'injection des liqueurs dans le sang, soit à la transfusion de ce fluide, & ne se laissassent ou amputer la cuisse dans l'articulation, ou extirper la rate, ou enlever quelque portion du cerveau, ou lier les arteres mammaires & épigastriques, ou scier une portion de deux ou trois côtes, ou couper un intestin dont on insinueroit la partie supérieure dans l'inférieure, ou ouvrir l'oesophage, ou lier les vaisseaux spermatiques, sans y comprendre le nerf, ou essayer quelqu'autre opération sur quelque viscere. Denis Diderot, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (extraits de l'article "Anatomie")
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Brut de livre
dimanche 28 février 2010
Apocalypse : à lire now !
Très sympathique découverte BD faite pas plus tard qu'hier : le premier épisode ("Fuite mortelle") d'Apocalypse sur Carson City, par Guillaume Griffon. Et pour griffer, il griffe bien, l'animal ! Belles caricatures, personnages tous plus hideux et difformes les uns que les autres, dans un noir et blanc maîtrisé à la perfection. Ce premier opus - d'un genre somme toute peu développé en BD : le gore humoristique - s'organise en trois chapitres dont on ne saisit le lien que dans les toutes dernières pages du récit (juste avant un original "générique de fin"). Pour chaque nouveau personnage, un arrêt sur image propose une brève fiche de présentation, indiquant entre autres, l'espérance de vie du bougre ("trois pages" pour l'un d'eux...) L'histoire ? Trois frères braqueurs déjantés se retrouvent au mauvais endroit (Carson City, trou paumé en plein Nevada) au mauvais moment (un virus issu d'expériences mystérieuses transforme les habitants en morts-vivants). Bref, on l'aura compris, c'est du Tarantino en BD. La quatrième de couverture résume d'ailleurs tout : « Un savant fou, des gangsters allumés, un shériff vengeur, une serveuse rebelle, un cuistot bagarreur, un général orgueilleux… et des zombies mangeurs de cerveaux ! » Avis aux amateurs... et je sais qu'il y en a !
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Bulles
jeudi 25 février 2010
Suck Satan's cock (bis)
Ce qu'il y a de pratique avec les pubs, c'est qu'on peut leur faire dire n'importe quoi.
C'est même le principe...
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Clichés
vendredi 12 février 2010
Une croquignole ?
Elle lui dit, d'un p'tit air doux :
"Ben mon cher monsieur si vous
N'aimez pas les gâteaux secs
Mangez donc d'la m*** avec..."
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Vocalises
mercredi 10 février 2010
vendredi 5 février 2010
Les nazillons ont toujours raison
Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) a publié il y a quelques jours un indigent et indigeste rapport intitulé "Internet, enjeu de la lutte contre le racisme". On pourrait bien entendu - coup de folie - se demander en vertu de quelle lubie internet devrait être l'"enjeu" de quelque "lutte" que ce soit. Du reste, tant qu'on y est, on pourrait aussi s'interroger sur la pertinence d'un concept tel que "l'amitié entre les peuples". En quoi cette amitié serait-elle nécessaire, souhaitable, urgente ? Chacun n'est-il pas libre de choisir ses propres amis, en fonction d'affinités qu'il n'a pas à justifier ? Ne suffit-il pas d'être cordial avec les autres ? D'ailleurs, tous ces "peuples" qui doivent, au plus vite, devenir amis, qui sont-ils ? Fait-on référence aux rapports qu'entretiennent les citoyens français avec les citoyens d'autres pays ? Dans ce cas, je répète ma question : pourquoi faudrait-il que ces rapports soient "amicaux" ? Parle-t-on des rapports qu'entretiennent les citoyens français, de différentes origines, entre eux ? Mais je croyais qu'il était formellement interdit de faire la moindre distinction (puisqu'aujourd'hui toute distinction est toujours une discrimination) entre de telles catégories de personnes, dont le MRAP et diverses autres "assoss" passent par ailleurs leur temps à nous expliquer qu'elles n'existent pas. Qu'importe. Pour en revenir au rapport précité, il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie la prose "amicale" du MRAP pour comprendre ce qu'est la bêtise, mais alors la vraie, la folle furieuse. Celle du tolérant envers ceux qui pensent comme lui, du facho antifasciste, de l'innocent délateur, du pénalophile illégitime, du borné large d'esprit, du puritain pourfendeur de tabous, du vertueux hystérique. La folie du philanthrope, en somme. D'entrée de jeu, un avertissement donne le ton :
"Important : comme le précise le titre, la mention d'un site dans cette étude ne signifie pas qu'il soit considéré par le MRAP comme raciste, quel que soit l'avis du MRAP sur son contenu. Par ailleurs, son absence ne vaut pas brevet de respectabilité."
Rigorisme glacial, satisfaction, arrogance. Pas d'erreur, on est à la bonne adresse. S'ensuit un pénible catalogue de sites jugés, pêle-mêle, "royalistes", "réactionnaires", "islamophobes", "anti-communautaristes", etc. Les noms fusent. Un lien par-ci, une calomnie par-là. Au détour d'une page, j'apprends par le plus grand hasard que certains des blogs que je suis sont classés "droite extrême", ce que je m'étonne fort de ne jamais avoir suspecté en plus de deux ans de lecture assidue. Décidément, ils sont partout ces racistes. Heureusement que la liste du MRAP est là, pour nous apprendre à les reconnaître. Et quelle liste ! Un vrai fourre-tout ! Les plus minables adorateurs du Troisième Reich et les brutes les plus avinées y côtoient, à la bonne franquette, les auteurs de blogs dont le seul tort est de ne pas applaudir à tout rompre l'idéologie dominante. La logique de ce nivellement ? Les premiers citent abondamment les seconds. Le rapport s'appuie en effet sur une hallucinante méthodologie de flicage des sites fondée sur le décompte des liens entrants et sortants. En d'autres termes, si un site, en lui-même "irréprochable", est mis en lien par d'autres sites ouvertement racistes, ce site devient automatiquement suspect de "manier le sous-entendu raciste", dixit le MRAP, qui, certes, connaît son affaire lorsqu'il s'agit de sous-entendre. Les dictatures historiques jugeaient les dissidents à leurs lectures ; les MRAP les juge aujourd'hui à leurs lecteurs. Degré zéro de la pensée. Vérité statistique qui épargne l'effort d'une lecture critique. Il n'y a pas de fumée sans feu, après tout, n'est-ce pas ? Et puis si les néonazis étaient des abrutis incapables de lire intelligemment ni de comprendre un texte, ça se saurait, non ? Gare à vous s'ils vous citent, donc, car c'est bien connu : les nazillons ont toujours raison. Fatalement, avec une pareille méthodologie, il faut s'attendre à ce que le travail d'analyse du rapport soit réduit à la portion congrue. C'est faire preuve d'encore trop d'optimisme. Hormis le catalogage brouillon des sites incriminés (citations à l'appui pour les cas les plus caricaturaux, histoire de laisser entendre que tous sont à mettre sur le même plan d'ignominie), c'est le grand désert. Il semble d'ailleurs (qui s'en étonnerait ?) que les auteurs du rapport aient trouvé du mal à faire rentrer tout le monde dans leurs petites cases (du moins celles qu'il leur reste). Ainsi, à propos d'Alain Soral, se contente-t-on de nous signaler qu'"il aurait pu être classé avec les rouge-brun, notamment à cause de son parcours, de la gauche à l'extrême-droite". On est ravi de l'apprendre. Du côté des dérapages, en revanche, la pêche est plutôt mince : "Pas de contenu explicitement raciste dans les pages vues, mais des proximités idéologiques à signaler". S'ensuit une liste de noms d'individus avec qui, pour le coup, l'amitié est tout à fait déconseillée par le MRAP. Mais c'est sans doute avec l'évocation de l'excellent Renaud Camus qu'on touche le fond de la fosse d'aisance : "Ecrivain contesté pour des propos jugés antisémites" (c'est moi qui souligne), Camus est accusé d'avoir publié un "texte d'inspiration racisante et ethno-différentialiste" [sic] que je vous invite d'ailleurs à consulter si cela vous intéresse. Conclusion grandiose de ce rapport de 154 pages (tout de même) ? Elle tient en huit lignes qui valent le détour et se passent de commentaires : "Les moyens limités offerts par la loi aux antiracistes sont sous-utilisés par manque de temps, d'outils techniques de traitement automatique des données. Cet obstacle franchi, il y aura probablement surcharge des tribunaux devant les plaintes déposées. Il est dès aujourd'hui possible de faire un signalement par jour, ou une mise en demeure de retirer un contenu. Le mouvement antiraciste doit cependant relever ce défi, le MRAP peut se développer et se renforcer sur ce thème, en faisant appel à des personnes qui ne sont pas forcément attirées par les formes classiques du militantisme". Vous avez bien reçu le message ? En chasse, citoyens !
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Merdre
dimanche 31 janvier 2010
Happy blogday!

Un an déjà !
Le festival d'Angoulême, qui avait lieu ce week-end, et dont la précédente édition avait été le sujet de mon premier billet, me rappelle que le temps passe vite, surtout quand on raconte des conneries.
Merci à tous pour vos encouragements et à bientôt autour d'un verre, pour fêter ça ou autre chose...
Le festival d'Angoulême, qui avait lieu ce week-end, et dont la précédente édition avait été le sujet de mon premier billet, me rappelle que le temps passe vite, surtout quand on raconte des conneries.
Merci à tous pour vos encouragements et à bientôt autour d'un verre, pour fêter ça ou autre chose...
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Croquis gnôlesque
vendredi 29 janvier 2010
Eu égard à la présente en huit
Merci mille fois à G*** de m'avoir fait découvrir un site qui va grandement faciliter la rédaction de ma thèse.
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Humou' je p'écise
vendredi 22 janvier 2010
Dans quel monde on vit ? Bah écoutez...
Pour les amateurs de petites crottes matinales bien moulées qui ont l'avantage de ne pas sentir mauvais pour un sou, en voici un magnifique spécimen. Extrait pour les impatients :
Trois gamins [d'une vingtaine d'années, ndlr] sur un scooter volé tentent d'échapper à la police, qui est à leurs trousses. Poursuite, dérapage, l'un meurt, les deux autres sont toujours entre la vie et la mort. De là où elle est, je suis sûr que Super Nanny grommelle : "D'accord, c'est pas bien de rouler à trois sur un scooter volé, sans casque, sans papiers, trop vite. D'accord. Mais comment ça se fait que dans ce pays on ait si peur de la police qu'on en finit par mourir de trouille ?"
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Collier de perles
jeudi 21 janvier 2010
I want my rock stars dead!
Quand Bill Hicks parle de musique, les pendules sont remises à l'heure...
Cause you know, if you play New Kids on the Block albums backwards... they sound better, you know. "Oh come on, Bill, they're the New Kids, don't pick on them! They're so good and they're so clean-cut and they're such a good image for the children..." Fuck that! When did mediocrity and banality become a good image for your children? I want my children to listen to people who fucking ROCKED! I don't care if they died in puddles of their own vomit! I want someone who plays from his FUCKING HEART! "Mommy, mommy, the man that Bill told me to listen to has a blood bubble on his nose!" SHUT UP AND LISTEN TO HIM PLAY! The New Kids! "Hi! We're the New Kids and we're so good and clean-cut! We're so clean-cut!" Sieg Heil! Heil! Heil! A good clean country... Heil! Heil! Heil! FUCK THAT! I WANT MY ROCK STARS DEAD! I want them to fucking play with one hand and put a gun in their other fucking hand and go "I HOPE YOU ENJOY THE SHOW!" BANG! YEEEEEEES! YEEEEEEES! PLAY FROM YOUR FUCKING HEART!... ... ... I am available for children's parties, by the way...
Drugs have done good things for us and if you don’t believe they have, do me a favour – take all your albums, tapes, CDs and burn them cause you know what? The musicians who made that great music that has enhanced your lives throughout the years… Reeeeeal fucking high! Oooooooookay! And these other musicians today who don't do drugs and in fact speak out against them? Boy, do they suck! What a coincidence! Ball-less, soulless, spiritless corporate little bitches, suckers of Satan's cock, each and every one of them! "We're rock stars against drugs cause that's what the President wants." Aw, suck Satan's cock! That's what we want, isn't it, government-approved rock and roll? "Whooh, we're partying now! We're rock stars who do Pepsi Cola commercials!" Suck Satan's cock! Put that big scaly pecker down your gullet! Drink that black worm jism! Drink it! Fill your little bellies! Ha ha ha! Send in Vanilla Ice. Hello Vanilla. Says here on your application, you have no talent, and yet you want to be a star… I think something can be arranged. Suck Satan's cock! I will lower the standards of the earth. I will put 56 channels of American Gladiators on every TV. I will put all the money in the hands of 14-year-old girls. They will think you are charismatic, deep and edgy. Oooooooooooh!... … Send in MC Hammer on your way out… Hello Hammer. Back again, huh?
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Anglicisme,
Vidéos (et des bas),
Vocalises
mardi 12 janvier 2010
lundi 11 janvier 2010
And then the people came along
[I]n the beginning when the world was young there were a great many thoughts but no such thing as a truth. Man made the truths himself and each truth was a composite of a great many vague thoughts. All about in the world were the truths and they were all beautiful. The old man had listed hundreds of the truths in his book. I will not try to tell you of all of them. There was the truth of virginity and the truth of passion, the truth of wealth and of poverty, of thrift and of profligacy, of carelessness and abandon. Hundreds and hundreds were the truths and they were all beautiful. And then the people came along. Each as he appeared snatched up one of the truths and some who were quite strong snatched up a dozen of them. It was the truths that made the people grotesques. The old man had quite an elaborate theory concerning the matter. It was his notion that the moment one of the people took one of the truths to himself, called it his truth, and tried to live his life by it, he became a grotesque and the truth he embraced became a falsehood. You can see for yourself how the old man, who had spent all of his life writing and was filled with words, would write hundreds of pages concerning this matter. The subject would become so big in his mind that he himself would be in danger of becoming a grotesque. He didn't, I suppose, for the same reason that he never published the book. It was the young thing inside him that saved the old man. Sherwood Anderson, "The Book of the Grotesque", Winesburg, Ohio, 1919
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Anglicisme,
Brut de livre
mardi 5 janvier 2010
Elle joue aux boules depuis 30 ans
Groland peut bien aller se faire voir ailleurs : voici une très grande leçon de modernisme. Comme d'habitude, il va de soi que toute distance critique, toute forme de lucidité, toute velléité de rire - bref, toute manifestation d'intolérance - est à réprimer sur-le-champ.
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Vidéos (et des bas)
samedi 2 janvier 2010
Babxter

Travailler à la télévision n'avait pas seulement permis à Robert de sortir de l'anonymat. Cela avait aussi donné un sens à sa vie.
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